Noël TINAZZI Paris
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Publié le 23 juin 2021
La troupe des Chiens de Navarre règle ses comptes avec la famille, objet de haine et d’amour. Et prétexte à franche rigolade.

« Mon passé familial est un désastre», clame à l’envi Jean-Christophe Meurisse. C’est donc une affaire personnelle pour le patron des Chiens de Navarre de s’en prendre au pilier central de la civilisation occidentale : la famille. Mais d’ajouter aussitôt « L’idée même me bouleverse puisque j’ai moi-même fondé une famille ». A charge pour la troupe, largement remaniée ces dernières années, de parcourir la France avec ce spectacle créé en 2019, non écrit mais de moins en moins improvisé, de plus en plus « appareillé » en accessoires et en bruitages en tous genres. Et un (bon) public toujours aussi fidèle.

Avec quelques temps morts et redites, le spectacle distribue alternativement jets d’acide et de guimauve, de torgnoles et de baisers, d’affection encombrante et de régression bêtifiante, volées de gifles et de caca. Surtout de caca – du faux caca, on l’espère, pour le public qui a le malheur de se trouver sur sa trajectoire quand la couche-culotte débordante est jetée par-dessus bord ! Ultra-névrotique, le cocktail d’attraction-répulsion a prétendument valeur cathartique mais est surtout prétexte à chahut et à rigolade.

Désormais, fini les tableaux qui s’enchaînent, tous les acteurs restent sur scène tout le temps, changeant sans cesse de rôle et de position dans l’espace/temps fermé du huis-clos familial. Sauf que les enfants restent toujours des enfants quel que soit leur âge et les parents des parents. Avec deux invariants : Olivier Saladin (un ancien des Deschiens) qui joue le rôle du père. Mais pas toujours le même père, les différentes figures du pater familias tantôt omnipotent tantôt pitoyable. Contrairement à la mère, jouée par Lorella Cravotta (aussi venue des Deschiens) qui, elle, incarne toujours la même figure maternelle, aimante, nourrissante, envahissante. Sauf peut-être quand elle prend le masque tragique de Médée qui sacrifie ses enfants. Mais c’est une affaire qui ne dure pas longtemps et qui tourne, là aussi, à la guignolade.   

Débordements gastriques

L’idée de départ, c’est la fête de Noël, épicentre des réunions familiales. Entre le sapin scintillant côté jardin et la cuisine fumante côté cour, les enfants sont coincés entre les parents trônant à chaque bout de la table (le père le plus loin possible de la cuisine comme de juste). Avec beaucoup de clins d’œil au « Père Noël est une ordure », le repas familial se traîne entre règlements de comptes acerbes et blagues salaces, radotages sur le passé et débordements gastriques. Surtout débordements gastriques pour lesquels un imposant WC débarque sur scène dans lequel une des filles finit par être engloutie ! Sans parler de la désastreuse distribution de cadeaux !

Et l’amour dans tout ça ? Il finit par arriver mais – comme (presque) toujours – quand c’est trop tard. Et l’on s’aperçoit alors que les êtres que l’on a le plus haïs étaient aussi ceux qui nous manquent le plus. Pour le coup, on sort son mouchoir ! 

Tout le monde ne peut pas être orphelin
Paris Du 11/06/2021 au 04/07/2021 à 20h30 Théâtre des Bouffes du Nord 37 bis, boulevard de la Chapelle, 75010 Téléphone : 0146073450. Site du théâtre

Les dimanches à 16h

Tournée :

La Comète - Châlons-en-Champagne : 9 et 10 novembre
La Ferme du Buisson : 26 et 27 novembre
TNB - Rennes : Du 8 au 22 décembre
Le Channel - Calais : 4 et 5 mars 2022
La Halle aux Grains - Blois :  du 10 au 12 mars
Les Salins - Martigues : du 17 au 19 mars
Espace Malraux - Chambéry : du 23 au 26 mars
Comédie de Clermont Ferrand : du 30 mars au 9 avril

 

Réserver  

Tout le monde ne peut pas être orphelin

de Jean-Christophe Meurisse avec Les Chiens de Navarre

Théâtre
Mise en scène : Jean-Christophe Meurisse
 
Avec : Lorella Cravotta, Charlotte Laemmel, Vincent Lécuyer, Hector Manuel en alternance avec Cyprien Colombo, Olivier Saladin, Lucrèce Sassella, Alexandre Steiger, Juliette Poissonnier, Esther Van den Driessche, Jean-Paul Wenzel, Yuriy Zavalnyouk

Collaboration artistique : Amélie Philippe
Régie générale et plateau :
Nicolas Guellier
Décors et construction : François Gauthier-Lafaye
Costumes et régie plateau : Sophie Rossignol
Création lumière Stéphane : Lebaleur et Jérôme Perez
Régie lumière : Stéphane Lebaleur
Création et régie son : Isabelle Fuchs et Jean-François Thomelin
Directeur de production : Antoine Blesson
Administrateur de production : Jason Abajo

Durée : 1h30 Photo : © Ph. Lebruman

Compléter : www.ruedutheatre.eu/article/3743/jusque-dans-vos-bras/

                    http://www.ruedutheatre.eu/article/1116/une-raclette/