Michel VOITURIER Barjac
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Publié le 22 septembre 2015
Ledent appartient à cette génération de chanteurs qui, lorsqu’ils se présentent à un public d’enfants, cherche davantage à les éveiller qu’à les divertir.

Tourné vers les enfants, Guillaume Ledent n’a pas l’intention de chanter une quelconque mièvrerie, car ses couplets s’écoutent autant par les adultes. Il préfère souligner l’autonomie, la possibilité que les gosses ont de se construire en affirmant leur personnalité. Le titre du spectacle (comme celui du précédent : « Dérange ta chambre ») est à ce propos significatif puisque les murets ne sont habituellement pas des voies de passage mais des obstacles dressés.

La chanson éponyme le dit bien, qu’il s’agit de dépasser les files, de ne plus être muselé, de ne pas suivre le mouvement comme le voudrait un disc-jokey. L’enfance, quand elle débarque dans une famille, cela provoque des changements d’attitudes, de penser et d’agir. Voilà ce qui surgit de « Lulubibulle », le bambin qui découvre la vie et bouscule celle des adultes. Voilà aussi qu’on renâcle face au système puisque, « shootés aux choses  / c'est l'overdose » et donc, « trop besoin d'air / on part au vert ».

Ledent se penche sur la jeunesse battue avec « Adèle ». Il suggère de cesser la compétition à court terme et de privilégier une vie bâtie sur le long terme du marathon plutôt que du 100 mètres en record à battre. Il fustige une existence médiocre « qui nous déprime », devenue 'low cost' à l’image du formatage de notre société dans le domaine des loisirs et de la nourriture. Il demande indulgence « Si parfois » il semble ailleurs, perdu dans son espace intérieur.

Après avoir constaté que tout est éphémère, il s’adresse à la mort, celle qui sépare les personnes unies par le vécu d’un chemin commun, parce les jeunes pareillement se posent la question de la fin. Avec en contrepoint l’hymne à la vie, commencé dans les eaux du ventre maternel, « à mille lieues sous la mère », et à poursuivre au dehors avec la malice de Peter Pan.

Ces chansons aiment les ellipses. Leur auteur ne s’embarrasse pas toujours de phrases complètes car la musicalité des mots lui importe davantage que la syntaxe traditionnelle. D’où, par moments, une allure de comptines. Il n’hésite pas non plus à inventer des mots qui disent au mieux une situation. Ainsi on a des larmes qui « rimmellent » ; pour se protéger, on « se citadelle ». Ainsi il affirme ne pas appartenir à qui « cherche l’audimasse ».

Il laisse également passer des vocables anglais puisque, même en francophonie, c’est dans l’air du temps. Davantage que de conter des histoires, il chante des moments, des situations, des perceptions.

Les musiques  sont entraînantes, parfois sautillantes. On y trouve des références au jazz et au rock sans abus excessif de volume sonore. Plus fluides en concert que sur le C.D., l’ensemble n’engendre nulle mélancolie, il porte les paroles pour, tous comptes faits, assumer la tendresse. 


Marcher sur les murets
Barjac - Chansons de paroles (sous chapiteau) Le 27/07/2015 à 17h Cour du Château Place du Château Téléphone : 0760 38 66 41. Site du théâtre Réserver   Gelbressée (Namur) - Belgique Le 22/10/2015 à 20h La Gelbressée Rue Ernest Moëns 57 Téléphone : 0492/700.469. Site du théâtre Réserver   Mouscron - Belgique Le 24/10/2015 à 20h30 Centre culturel Marius Staquet Place Charles De Gaulle Téléphone : (00.32)56/860.160.. Site du théâtre Réserver  

Marcher sur les murets

de Guillaume Ledent

Spectacle musical
Mise en scène : Guillaume Ledent
 
Avec : Ruben Hillewaere (guitare - basse), Stéphane Letot (flûte - percus - basse)
Durée : 1h Photo : © Chantal Bou-Hanna

Écouter, voir : http://guillaumeledent.bandcamp.com/yum