Aurore CHERY Paris
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Publié le 26 décembre 2013
Ali Baba devient un spectacle complet dans lequel se mêlent joyeusement musique, danse et acrobaties. Un beau divertissement familial.

Les fêtes de fin d'année offrent leur cortège de contes et légendes pour petits et grands dans lesquels Casse-Noisette et Dickens tiennent le haut du pavé. A contre-courant, Macha Makéïeff opte pour un Ali Baba qui n'en est pas moins prometteur. Pourtant, l'adaptation de ce conte oriental, dont on se remémore plus aisément le fameux "Sésame, ouvre-toi !" que l'intrigue, peut elle aussi relever de la gageure : Ali Baba reste aussi associé à la figure mythique de Fernandel dans le film de Jacques Becker.

D'ailleurs, Makeïeff ose le clin d'oeil au septième art en choisissant d'adopter un générique cinématographique. Atmen Kelif, qui reprend le rôle, ne cherche pas à le faire oublier et c'est tant mieux. Son Ali Baba naïf et bonhomme est un peu moins bêta, c'est un héros ordinaire avec lequel le public peut d'autant plus s'identifier qu'il découvre son trésor dans un simple container sur le port.

Le chef des voleurs y a placé son butin en attendant d'embarquer pour New York et y mener la grande vie. En récupérant son trésor, le pauvre férailleur qu'est Ali Baba vient ruiner ses plans bien malgré lui. S'il s'agit alors pour lui d'éviter la vengeance des voleurs, la fable devient avant tout philosophique et sociale : qu'est-ce que cela change dans notre rapport aux autres et à la vie d'expérimenter une si rapide ascension sociale ?

Cet Ali Baba, créé au théâtre de la Criée à Marseille, est tout empreint d'une atmosphère phocéenne : le port, la brume, les mouettes, la débrouille traduite par un décor tout en récup. Mais c'est aussi et surtout cette culture cosmopolite propre aux villes portuaires et plus particulièrement à celle-ci. Ainsi, les personnages parlent de multiples langues et naviguent entre la poésie persane, Molière et Abba, les musiciens joignent la musique orientale à celle d'Europe de l'Est avec une pointe de baroque, tandis que les danseurs évoluent en s'inspirant des yamakasi et de leur art du déplacement urbain, mais aussi de la pop et de la danse folklorique.

Ajoutez-y des vidéos qui animent le décor portuaire, des intertitres poétiques, le comique de situation et de geste et vous obtiendrez un spectacle riche comme un repas de réveillon. Malgré quelques longueurs, le tout est savoureux avec une mention spéciale pour la réinterprétation tordante de la chanson Money, Money, Money.

 

 

 

Ali Baba
Paris Du 20/12/2013 au 28/12/2013 à 20h30, 20h le 24 décembre, 19h le 28 décembre, 18h le 25 décembre, 15h30 le 22 décembre Théâtre National de Chaillot 1 Place du Trocadéro 75116 Téléphone : 01 53 65 30 00. Site du théâtre Réserver  

Ali Baba

Théâtre
Mise en scène : Macha Makeïeff
 
Avec : Atmen Kelif, Thomas Morris, Shahrokh Moshkin Ghalam, Canaan Marguerite, Aurélien Mussard, Romuald Bruneau, Braulio Bandeira, Philippe Borecek, Philippe Arestan, Aïssa Mallouk, Sahar Dehghan

Décor et costumes : Macha Makeïeff
Adaptation :
Macha Makeïeff et Elias Sanbar
Lumières :
Dominique Bruguière
Chorégraphie :
Thomas Stache
Assistant à la mise en scène :
Pierre-Emmanuel Rousseau
Réalisateur films :
Simon Wallon
Son :
Xavier Jacquot
Coiffure et maquillage :
Cécile Kretschmar
Slam :
Aïssa Mallouk
Assistante à la scénographie :
Margot Clavières
Assistante aux costumes :
Claudine Crauland
Régie générale :
Jean-Philippe Bocquet
Assistante lumière :
Cathy Pariselle
Accessoiriste : 
Sylvie Châtillon
Second assistant à la mise en scène :
Arthur Deschamps
Iconographe : Guillaume Cassar
Avec la participation du Pavillon Bosio

Durée : 1h55 Photo : © DR