Publié le 23 février 2020
Un inventaire assez exhaustif des fonctions à assumer par les éducateurs dans le système scolaire actuel. Une incursion dans l’univers mal connu d’une profession de l’ombre.

L’élément le plus frappant de cette réalisation est l’imposant décor hyperréaliste tournant, extensible, modulable qui permet de montrer la façade d’une école, de pénétrer à l’intérieur pour y découvrir ses couloirs, sa cour de récréation, ses classes… C’est une manière de dynamiser l’espace scénique d’un spectacle davantage construit sur les discussions que sur des actions évolutives.

La structure narrative se compose ici d’une succession de saynètes dont l’objectif est d’inventorier plus ou moins systématiquement les différentes tâches qui incombent aux éducateurs dans une institution scolaire. Cette exploration ne va pas sans systématisme au détriment de l’intérêt dramatique mais au bénéfice du questionnement pédagogique et sociétal. L’émotion est reléguée au second plan alors que la réflexion s’impose comme objectif essentiel de la démarche.

Cathy Min Jung passe en revue les besognes de ceux qu’on désigne souvent sous le vocable de ‘pions’. À savoir : le strict respect des horaires, la vigilance pour empêcher tout intrus de pénétrer dans l’établissement, la comptabilité minutieuse des présences et absences, la surveillance des comportements indisciplinés ou violents, le remplacement de personnel malade ou empêché…

Mais, en dehors de ces services purement administratifs, ce qui concerne l’humain reste essentiel en dépit d’un éventuel manque de temps. Il est important, en effet, de remarquer des signes de troubles physiques ou psychologiques, de déceler des harcèlements ainsi que d’enquêter pour les éradiquer,  de repérer des rejets ou des antagonismes, d’apaiser des intrusions parentales agressives, de s’inquiéter des causes de certains changements de comportements accompagnés de stigmates corporels.

Il arrive aussi qu’il leur faille trouver les conduites adéquates en cas d’insensibilité administratives face à des menaces d’expulsions de familles d’origine étrangère en situation précaire. Qu’il faille prêter une oreille attentive à l’une ou l’autre confidence sans risquer d’être accusé de penchants pédophiles, de déceler la vérité du mensonge pour éviter l’injustice. Et ce, en dehors des aléas de leur propre vie privée. Bref, il s’agit de rappeler aux parents, aux étudiants,  aux responsables politiques l’importance de la qualité et de la variété de compétences nécessaires à une fonction souvent considérée, même parfois par les intéressés eux-mêmes, comme subalterne. 

Les comédiens n’ont pas le travail facile. Ils sont quatre pour incarner des personnalités et des carrières diverses. Ils doivent se comporter de manière à suggérer de façon crédible la présence de la centaine d’élèves inscrits dans l’école. Ils y mettent la conviction nécessaire. Ils s’efforcent de rendre sensible un inventaire écrit d’abord en fonction de l’objectif réflexif final.



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre
Tournai - Salle de la Halle aux Draps - Belgique Du 20/02/2020 au 21/02/2020 à 12h 20h Maison de la Culture Esplanade George Grard, boulevard des Frères Rimbaut, Téléphone : +32 (0)69 25 30 80. Site du théâtre Réserver   Charleroi - Belgique Du 09/03/2020 au 12/03/2020 à 20h Eden 1 boulevard Bertrand Téléphone : 071 31 12 12. Site du théâtre

Coprésentation : Théâtre de l'Ancre

Réserver   Bruxelles - Belgique Du 17/03/2020 au 28/03/2020 à 20h30 Atelier 210 Chaussée Saint Pierre, 210, 1040 Bruxelles/Etterbeek Téléphone : +32(0)2 7322598. Site du théâtre Réserver  

La cour des grands

de Cathy Min Jung

Théâtre
Mise en scène : Cathy Min Jung
 
Avec : Marion Lory, Annette Gatta, Ilyas Mettioui, Jérémie Zagba

Conception, écriture : Cathy Min Jung
Conseil dramaturgique : Véronika Mabardi 
Assistanat à la mise en scène : Audrey D’Hulstère
Scénographie, costumes : Ronald Beurms
Directeur technique, création lumière : Jérôme Dejean 
Création vidéo et sonore : Sébastien Fernandez
Chorégraphie : Clément Thirion
Régie : Jérémy Vanhoost

Durée : 1h Photo : © Leslie Artamonow  

Diffusion : La Charge du Rhinocéros
Production : Théâtre de L’Ancre
Coproduction : Cie Billie On Stage, maison de la culture de Tournai, La Coop asbl
Aide : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Service du Théâtre, Atelier 210, Théâtre de la Vie
Soutien : Le BAMP, Ad Lib, LookIN’OUT, Eden Charleroi, Shelterprod, Taxshelter.be, ING et Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge  bourse d’écriture : SACD, Comité mixte Chartreuse-FWB