Publié le 16 février 2020
Une série de saynètes pour manifester diverses façons que nous avons de jouer un rôle afin d’apparaître sous un certain angle en société. C’est parfois ridicule, parfois dramatique, toujours manipulateur.

Généralement, lorsque le décor est impressionnant, envahissant, il apporte peu, reste anecdotique, s’avère illustratif, impose un espace arbitraire, monopolise une bonne part de l’attention. Celui de Boris Dambly semble d’emblée superfétatoire : il a l’air d’une forêt véritable, une portion de parc naturel pour accueillir quelques sketches, portion que des arboriculteurs sont d’ailleurs en train d’installer, d’arroser, de peaufiner lorsque le public pénètre dans la salle.

Détrompez-vous. En conséquence du titre « L’homme est un loup », il crée l’ambiance très particulière des contes traditionnels, sombre, mystérieuse, chargée de dangers inconnus et peuplée de créatures maléfiques. Cela insuffle, en corréaltion avec les éclairages de Lauwers,  donc aux histoires jouées un air de fables chargées d’une leçon à donner à propos de nos comportements très ordinaires comme semble le suggérer l’intitulé.

Ce sont des situations finalement assez ordinaires  aux impacts inégaux : faire jouer un personnage dans des exercices de coaching de groupe, surprendre un patron qui prépare un discours à son avantage tandis que sa mère ne cesse de remettre tout à sa place normale d’ego très ordinaire, suivre la montée d’un conflit chez un couple uni après avoir croisé l’ex-amoureuse du conjoint, deux autres ménages se croisent l’un se refuse d’entendre ce qu’il y aurait à dire du bébé de l’autre…

Mais ces impostures qui aveuglent ceux qui les manigancent sur leur propre réalité ne sont pas les seules. Existent aussi celles qui, devenues publiques et dénoncées comme telles, ramènent leur mythomanie à une médiocrité honteuse d’avoir été dévoilée : cette auteure d’une récente autobiographie imaginaire d’enfance avec des loups ; cette athlète déclarée victorieuse d’un marathon dont elle n’avait couru qu’une infirme partie ; un journaliste célébré pour la qualité de ses reportages qui s’avèrent piteusement fictifs.

Paraître afin de se donner l’illusion d’exister, de posséder une aura que le quotidien semblerait mettre sous le boisseau, c’est un comportement humain somme toute fort courant. À chacun d’en tirer les leçons d’humilité, de relativité, de fragilité qui masquent des détresses plus ou moins profondes.



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Tournai - Belgique Du 11/02/2020 au 12/02/2020 à 20h Maison de la Culture Esplanade George Grard, boulevard des Frères Rimbaut, Téléphone : +32 (0)69 25 30 80. Site du théâtre Réserver  

L’homme est un loup

de Violette Pallaro & Collectif

Théâtre
Mise en scène : Violette Pallaro
 
Avec : Olivier Bonnaud, Magali Pinglaut, Lara Persain, Gael Soudron (en alternance avec Paul Jeanson) Voix off: Salvador Defendini-Siré, Stanley Dupic, Beril Koca, Vincent Lécuyer, Diego Nakasone, Apolline Pereira, Pablo Steyaert, Nina Turine, Jean Pierre Baudson

Scénographie : Boris Dambly
Dramaturgie : Cyril Cotinaut
Création lumière : Xavier Lauwers
Création sonore : Thomas Turine
Création costumes : Nicole Moris / Ateliers du Théâtre National Wallonie –Bruxelles
Régie générale, lumière : Michel Delvigne
Régie son : Victor Petit
Régie générale (TN) : Romain Gueudré
Assistanat : Maud Prêtre
Remerciements : Anna Kobylarz, Émilie Thiry, Jean Louis Colinet, Kaspar Küppers, Mathias Construction decors et costumes : Ateliers du Théâtre National Wallonie-Bruxelles Simons, Sarah De Battice ,  Anne Staquet 

Durée : 55' Photo : © Hubert Amiel  

Production : Festival de Liège
Coproduction : Théâtre National Wallonie- Bruxelles, maison de la culture de Tournai, Mars-Mons arts de la scène
Partenariats : Forum Jacques Prévert de Carros, Théâtre Jean Vilar de Vitry- sur-seine, a Coop asbl, Shelter Prod
Soutiens : taxshelter.be, ING et du Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge, de la Fédération Wallonie- Bruxelles, de la Chartreuse-Centre National des écritures du spectacle et de Ad Lib
Production : (Résidences au LIBI- TUM), Théâtre Poème 2, Cie Artara
Diffusion : CPPC-Centre de Production des Paroles Contemporaines/Rennes

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