Publié le 6 février 2019
Deuxième spectacle vu au théâtre de Belleville en moins d’une semaine. Un record, mais surtout un régal ! Après "Qui va garder les enfants" sur les femmes en politique, nous voici embarqués dans un délire onirique porté par un texte d'une grande qualité et un interprète envoûtant.

Une pièce sur le sommeil, il était temps ! Enfin, "sommeil" est un bien grand mot. Manque, carence, cauchemar voire insomnie serait plus juste. Si vous aussi vous faîtes partie de ces personnes pour qui dormir relève d’un processus complexe, cette pièce est faite pour vous.

Dreams are my reality

PARADOXAL donne plus particulièrement la parole aux rêveurs lucides – expression que l’on doit, au passage, au sinologue et onirologue français Léon d'Hervey de Saint-Denys. Vous savez, ces personnes dotées du pouvoir (magique) d’être conscients qu’ils sont en train de rêver. Marien TILLET, auteur,  metteur en scène et interprète, nous apprend même qu’il existe 4 grades chez les rêveurs lucides, allant jusqu’à l'aptitude à décider de la tournure que prend son rêve. Incroyable, n’est-ce pas ? Il n’en reste pas moins que les phénomènes qui lui sont associés sont anxiogènes : paralysie du sommeil, où l'on ne peut plus bouger un seul membre ; faux-éveil, où l’on croit être réveillé alors qu’il n’y a eu qu’un seul un changement de décor onirique ; expérience hors du corps, où l'on devient observateur de soi-même, etc.

Ce sont ces zones d'ombres emplies de mystère que Marien TILLET choisit d’explorer à travers le personnage d'une jeune journaliste, rêveuse lucide qui confond ses propres rêves avec la réalité. Au point d’en perdre le sommeil et de décider, un jour, de rejoindre un groupe de patients – matérialisés par de petites bouteilles d’eau à peine remplis - pour tester de nouveaux médicaments sur le rêve lucide. Loin d’aider ou même de maîtriser ce qui se passe, le professeur aux lunettes qui mène l’expérimentation les plonge tous autant qu'ils sont dans un état de transe : cauchemars, anxiété, insomnie, rencontre des co-rêveurs dans les rêves, confusion entre rêve et réalité, crise cardiaque, délire psychique, invasion de mouches, débordement aquatique… Autant d'effets secondaires sur lesquelles la science, malgré sa préscience, n'a aucune prise. Comme si le rêve allait rester à jamais une forteresse imprenable.

L’inconscient, cette bête indomptable

Ce cauchemar lucide qui vit la jeune femme la mène paradoxalement à une résolution. Celle de la prise de conscience des raisons à l'origine de ses perturbations oniriques : alors petite fille, le comédien nous raconte, au travers de saynètes tendrement cruelles, qu'elle fut martyrisée par ses camarades, notamment la nuit quand elle voulait dormir… On ne saurait que trop en profiter pour rappeler ô combien l'inconscient s'empare de ce genre d'épisodes pour ensuite nous torturer sous formes de messages cryptés, parfois toute une vie.

Construit sur une cascade de mises en abîmes et des données scientifiques réelles, cette pièce est contagieusement hallucinante. On se perd dans les méandres d’un récit qui joue entre réalité et onirisme, flash back et flash forward, éprouvant notre attention pour voir jusqu’où nous arrêtons de nous dire : « C’est étrange mais c’est normal ». À quel moment la normalité n’a plus de raison d’être ? Ténébreuse et sonore, la scénographie soutient cette atmosphère de fascination à l’égard d’une composition qui oscille entre conférence et thriller. Sans compter ce bureau – seul élément de décor lourd, mobile et imposant - duquel on manipule, on cache, on réfléchit, on complote ou on hallucine.

Le résultat est non seulement captivant mais aussi, riche en enseignements. Au sortir de la pièce, vous saurez quoi faire pour vous exercer à devenir, vous aussi, des rêveurs lucides. Car, si 20% le sont naturellement, pour les autres, parvenir à prendre le contrôle de son inconscient requiert une mobilisation sans précédent…



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre
Paris Du 03/02/2019 au 19/02/2019 à Le lundi à 19h, le mardi à 21h15, le dimanche à 17h Théâtre de Belleville 94 rue du Faubourg du Temple, 75011 Paris Téléphone : 0148067234. Site du théâtre  

Paradoxal

de Marien TILLET

Théâtre
Mise en scène : Marien TILLET
 
Avec : Marien TILLET

 

Dispositif sonore : Alban Guillemot

Scénographie et lumière : Samuel Poncet

Régisseur : Simon Denis et Pierre-Alain Vernette (en alternance)

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Durée : 1h20 Photo : © Samuel Poncet