Publié le 21 décembre 2018
Une mère de famille, des étudiants, un prof : ingrédients d’une quête de vie. En recherche permanente d’équilibre, de sens. Jusqu’à l’éclatement, la fin brutale, l’impasse.

Construite à la façon d’un puzzle dont chaque élément est un fragment d’éclaircissement de la difficulté à vivre, l’histoire est conçue chorale. Chaque protagoniste intervient à son tour pour définir qui il est et ce qu’il ressent de son existence, pour montrer quels moyens il emploie, si absurdes soient-ils, afin de trouver sa place.

La mère pense qu’elle a été hirondelle préparant un nid accueillant pour son fils Charles et non tortue abandonnant ses œufs au hasard d’une plage. Son gamin est une voix qui pratique une radio bien à lui, défoulement assez sommaire. François snife pour évacuer la réalité, son espoir de normalité. Berthier n’est pas séducteur et se demande comment passer à l’acte avec les filles et bénéficier d’un grand amour. Jade est une obèse comptabilisant le nombre de fois qu’on la traite de grosse et voudrait tomber en anorexie en mangeant des vers qui la rongeraient. Katrina a agressé un enseignant et se retrouve abonnée chez un psy. Denis, le prof en burn-out, trouve un goût de sable à tout ce qu’il tente d’ingurgiter.

Chacun sera typé au moyen d’une phrase redondante, d’un acte répétitif, d’un désir inabouti. À l’exception de la voix off et de Pascale la mère incarnée par une comédienne, chacun est représenté par une marionnette en grandeur humaine manipulée à vue. Les faciès caricaturés permettent des expressions fortes, burlesques, décalées d’un réalisme manipulateur. Manon Coppée s’est aussi servi de ceux qui manient les pantins pour en faire, en dehors du personnage qu’ils animent, une sorte de chœur à l’écoute de l’action racontée, un décor mouvant et vivant comme un amas bactérien en fermentation, une présence en écho ou en opposition.

C’est cette collectivité, uniformément vêtue de noir, par sa gestuelle, amène une fluidité de fondu enchaîné entre et même parfois durant chaque séquence. En quelque sorte le garant d’un rythme qui ne faiblit pas, témoigne du dynamisme même de la pièce. Assurément aussi une façon élégante de passer d’un jeu d’acteur à une présence distanciée de témoins en recul.

La réalisation est une réussite. Elle se concrétise par une dynamique permanente. Parfois au détriment des mots d’un texte abondant. Du coup la richesse de l’œuvre ne laisse pas toujours le temps aux signes scéniques de s’affirmer et réclame une attention concentrée afin de coller aux mieux aux intentions conjuguées de l’écrivain et de la metteure en scène.



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La Bouverie - Frameries - Belgique Le 18/12/2018 à 11h Fabrique de Théâtre 128, rue de l'Industrie, La Bouverie - Frameries Téléphone : 065/61.34.60. Réserver   Bruxelles - Noël au Théâtre - Belgique Le 26/12/2018 à 16h30 Théâtre Les Tanneurs 75, rue des Tanneurs 1000 Bruxelles Téléphone : +32 2 512 17 84. Site du théâtre Réserver  

2h14

de David Paquet

à partir de 13 ans Jeune Public
Mise en scène : Manon Coppée
 
Avec : Bruno Borsu, Alice D’Hauwe, Nathan Fourquet-Dubart, Martin Goossens, Elsa Tarlton, Esther Sfez

Assistanat mise en scène : Hippolyte de Poucques
Création marionnettes : Anaïs Grandamy
Maquillage marionnettes : Mélusine Pirotte
Création lumière :Jérôme Dejean
Scénographie : Marie-Christine Meunier
Création sonore : Martin Salemi Régie : Unno Libert
Teaser : Baptiste Maryns
Voix off : Marouan Iddoub
Photo couverture : Paul Mosseray 

Graphisme : Noémie Favart

Durée : 1h Photo : © Pénélope Ambert  

Production : Cie P’tite Canaille

Prix : de la Ministre de la Jeunesse, du Kiwanis aux Rencontres du Théâtre Jeune public de Huy 2018