Publié le 5 décembre 2018
C'est parce qu'ils ont été conçus avec une "libre inspiration" que l'on revisite d'un oeil neuf et émerveillé ces deux ballets célèbres et originaux où, si l'on touche l'âme slave, si l'on écoute les dissonances musicales, tellement modernes encore, on admire autant le jeu que les acrobaties des danseurs-comédiens.

Antiwagnérien, advsersaire du romantisme, Igor Feodorovitch Stravinsky contribua à la réputation internationale des "Ballets Russes", avec toute une équipe (Massine, Bakst... Diaghilev bien sûr) qui travaillait à une même oeuvre, comme celle qui reste la plus connue et fit l'effet d'une bombe à l'époque:"Le Sacre du Printemps"

Mais c'est Serge de Diaghilev qui, après une saison d'opéra russe à Paris commanda au jeune Stravinsky une partition de ballet; ce fut "L'Oiseau de Feu"... "Pétrouchka" suivit. Alors, musique, danse, comédie, décor, costumes, devaient, à parts égales, composer un Ballet. Le compositeur n'avait pas pensé au cirque (à l'époque, il est vrai, bien différent de ses formes diverses actuelles) mais plutôt à l'ambiance foraine comme c'est le cas pour "Petrouchka".

Dans la version 2018 du metteur en scène et chorégraphe José Besprosvany, les interprètes-participants sont tous danseurs, certains ont développé des techniques circassiennes, un seul est comédien: Léonard Berthet-Rivière. L'ensemble est traité à la façon des films muets qui intercalent dans le fil de l'histoire des petits tableaux porteurs de quelques phrases brèves.

Les personnages ont changé. On voit le pantin de tissu qui donne son nom à l'oeuvre servir son maître/Léonard Berthet-Rivière. Petrouchka/Joris Baltz, a découvert le "Livre", d'une importance capitale car il contient "Tout ce qui est Ecrit" et voudra sans répit le soustraire aux manoeuvres de deux espion/ne/s: celui du KGB/Vojtech Rak et celle du MI6/Mylena Leclercq.

"L’Oiseau de feu", est un oiseau/Lisard Tranis, prisonnier d'un labyrinthe de lumières et c'est un homme/Joris Baltz, qui va lui apprendre à voler, le soumettant à un dressage intensif, ce qui fera de lui un dompteur (c'est là que l'on retrouve l'ambiance foraine chère à Stravinsky). Un enfant/en alternance, Nolan Decreton, Maxence Lorentz ou Tom Van De Weghe, transmettra l'héritage, le goût de l'apprentissage, du dépassement de soi...

Ces deux histoires sont inédites et dues pour "l'argument" (ou "livret" pour l'art lyrique) au scénariste Laurent Brandenbourger. On y retrouve surtout le point commun de la créature manipulée, qu'elle soit un pantin (mais doué d'une âme), ou qu'elle soit un être vivant, ainsi que des péripéties diverses que chaque spectateur peut savourer et interpréter à son gré.

"Me renouveler, surprendre, et ne jamais lasser"...

Telle était la devise de Stravinsky. José Besprosvany l'a fait sienne. Il se revendique d'une tradition séculaire de "danse narrative". Elle remonte aux origines du théâtre et il l'a retrouvée chez les fameux "Ballets Russes"

De son côté, il l'avait déjà (dé)montrée par ses mises en scènes de classiques* ("Oedipe" et "Antigone") où les danseurs et danseuses étaient également acteurs et actrices, participant directement à l'action et non "l'illustrant". Elles avaient été créées en ce même théâtre du Parc, dont il connait donc bien l'infrastructure (machinerie, cintres, plateau), un avantage particulier ici.

La scénographie inventive de François Prodhomme joue avec les possibilités matérielles du lieu: boîte à surprises pour "Pétrouchka", dispositif à deux niveaux pour l'aspect aérien de "L'Oiseau de Feu"... Les effets/lumière de Marco Forcella, les maquillages, coiffures et costumes de Pénélope Daloze, Catherine Versé et Bert Menzel sont eux aussi partie prenante pour développer une ambiance d'étrangeté et de poésie qui baigne tout le spectacle, que ce soit pour le clin d'oeil au cinéma muet de "Petrouchka", que ce soit pour l'aspect féérique de "L’Oiseau de Feu"...



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre
Bruxelles - Belgique Du 15/11/2018 au 15/12/2018 à Du Ma au Sa: 20h15 - Di: 15h et le 14/11: 15h (représentation "intergénérationnelle") Théâtre royal du Parc 3 rue de la Loi, Bruxelles Téléphone : +32(0)2.505.30.30. Site du théâtre

Tournée, dates proches: du 7 au 13/2/2019 à l’Aula Magna - voir: http://www.atjv.be (LLN)

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Petrouchka & L’Oiseau de feu

de Igor Stravinsky

Théâtre-danse Danse
Mise en scène : José Besprosvany
 
Avec : Joris Baltz, Léonard Berthet-Rivière, Mylena Leclercq, Vojtech Rak, Lisard Tranis et, en alternance: Nolan Decreton, Maxence Lorentz ou Tom Van De Weghe. Porteurs (circassiens): Chris Baltus et Robert Bui

Scénarios: Laurent Brandenbourger
Musique: Igor Stravinsky
Assistanat: Benjamin Vanslembrouck
Chorégraphie: José Besprosvany
Scénographie: François Prodhomme - Réalisation décors: Brice Agnes, Pieter Boucher, Sandrine Nicaise, Fred Op De Beeck, Didier Rodot
Conception costumes: Catherine Versé - Réalisation costumes: Bert Menzel
Création lumière: Marco Forcella
Composition prologue musical: Fabian Fiorini, François Mardirossian
Accessoires: Christelle Demay
Création maquillages: Pénélope Daloze
Coaching magie: Pierre Dherte
Coordination technique: Antoine Vilain
Equipe du théâtre du Parc: Direction technique: Gérard Verhulpen - Régie générale: Cécile  Vannieuwerburgh - Régie lumière: Noé Francq - Régie son: Loïc Magotteaux - Accessoires: Zouheir Farroukh - Habilleuse: Gwendoline Rose - Menuisiers: Yahia Azzaydi, Patrick Cautaert, Lucas Vandermotten 

Durée : 1h55 entracte compris Photo : © Lander Loeckx  

Création-production:IDEA asbl, Bruxelles (BE)
Coproduction: IDEA asbl/Théâtre Royal du Parc/Atelier Théâtre Jean Vilar/Charleroi Danse/DC&J Création.
Soutiens: Centre des Arts Scéniques/Tax Shelter du Gouvernement fédéral belge/Inver Tax Shelter - Le Théâtre Royal du Parc est subventionné par l’Echevinat de la Culture de la Ville de Bruxelles et la Fédération Wallonie-Bruxelles
Remerciements à: Compagnie de la Bête Noire/Compagnie Bud Blumenthal/Kévin Sage/Mikael Mohlin/La Balsamine

A l'origine,en 1910 et 1911: "Petrouchka", musique d’Igor Stravinsky, scénario d’Alexandre Benois, chorégraphie de Mikhaïl Fokine et "L’Oiseau de feu", musique d’Igor Stravinsky, argument de Mikhaïl Fokine.
*Revoir: ruedutheatre.eu/article/2005/oedipe/
            : ruedutheatre.eu/article/3543/antigone/