Publié le 25 août 2018
Deux automates répètent ensemble inlassablement les mêmes gestes aux mêmes heures. Le jour où leur mécanique se déglingue, leurs comportements vont devoir s’adapter à la présence d’un partenaire.

À s’en référer au sens du mot anglais « slapstick », qui a inspiré le titre de cette réalisation du Skat Théâtre, il s’agit d’un bâton, une cliquette en français, provoquant un bruit sonore. Par extension, ce vocable s’est appliqué à des gags très physiques de films muets. 

Deux automates jouent les jacquemarts comme sur certains de nos beffrois d’autrefois. Ce duo-ci est au point et répète inlassablement des actions identiques chaque fois que l’horloge géante qui les régit marque une heure nouvelle. Leur petit tour de piste est bien réglé sur une musiquette allègre que chaque personnage agrémente de percussions avant de disparaître jusqu'à sa prochaine apparition.

Mais… mais… Car s’il n’y avait pas de mais, il n’y aurait pas d’histoire, un jour tout se dérègle. Les deux percussionnistes automates se rendent alors compte qu’ils sont deux et doivent s’en accommoder. Même s’ils n’ont pas été programmés pour cela.

Leurs comportements deviennent alors des prétextes à faire percevoir au très jeune public auquel s’adresse ce spectacle divers éléments de la vie en société. D’abord, la découverte d’autrui et la perception de ce qui leur est individuellement personnel et ce qu’ils possèdent en commun. Ensuite, il y aura l’apprentissage de l’opposition, de l’aide, de l’entraide, du partage, de la solidarité. Ainsi que l’apprivoisement des peurs de l’inconnu et l’éveil de la curiosité pour progresser. Il faudra également surmonter l’envie, la jalousie, l’impatience, la tentation de prendre du pouvoir, la nécessité d’éviter la violence.

Voilà l’essentiel de cette histoire plutôt gentille. Elle démarre bien, guillerette, sautillante. Néanmoins elle se fourvoie assez vite dans un répétitif à trop peu de variations. Comme si la troupe, une fois les trouvailles de départ posées, avait du mal à renouveler les gags, les situations, la gestuelle. Comme si elle avait éprouvé le besoin de meubler à tout prix pour atteindre une durée de spectacle un peu plus longue. Même si elle ajoute une dimension intéressante, celle du vieillissement et de la solitude lorsqu’on perd un compagnon de route disparu trop tôt.

Du coup, la cohérence du projet s’en trouve fragilisée. Elle perd une part de sa force visuelle et rythmique à s’égarer dans des détails soudain devenus symboles élémentaires d'une poésie fort restée dans le stéréotypé, à accorder moins de concentration à la précision des gestes et des allures.



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre
Silly - Théâtre au Vert - Belgique Le 23/08/2018 à 14h30 Petit Chapiteau rue de l'Enseignement Chapiteau des Baladins du Miroir Place Obert de Thieusies Thoricourt Réserver  

Slapstic

de Collectif

dès 4 ans Jeune Public
Mise en scène : Bruce Ellison
 
Avec : Marie-Sophie Talbot , Scarlett Schmitz

Musique : Marie-Sophie Talbot
Chorégraphie : Isabelle Lamouline
Scénographie : Aurélie Borremans
Aide à la réalisation : Louis & Leslie
Costumes : Nathalie Maufroy
Régie Création : Martin Delval
Régie son/lumières : Martin Delval,  Jacques Verhaegen

Durée : 40' Photo : © DR  

Production : Skat Théâtre

Prix de la Ministre de l'Enfance aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy 2018