Publié le 6 août 2018
Seul événement lyrique du mois d’août, le Festival de Saint-Céré, dans le Lot, rend hommage aux femmes. Avec, entre autres, "Les Contes d’Hoffmann", opéra fantastique d’Offenbach montés dans une ambiance de cirque.

En phase avec l'actualité, cet été, le Festival de Saint-Céré, qui propose des spectacles musicaux dans des lieux historiques du Lot avant de les reprendre l’hiver en tournée dans toute la France, célèbre les femmes. Ce seul festival d'opéras du mois d'août a pour point d'orgue Les Contes d'Hoffmann, unique opéra véritable d'Offenbach et son œuvre ultime, coproduit avec l’Opéra de Fribourg (Suisse). C'est aussi l'œuvre fétiche du metteur en scène et créateur du Festival, Olivier Desbordes, qui l'aborde pour la troisième fois.

Avec son complice Benjamin Moreau, Desbordes a situé ces Contes musicaux coproduits avec l’Opéra de Fribourg (Suisse), dans l'univers du cirque. Et plus particulièrement dans celui de Lola Montès, film-culte de Max Ophuls. Sur un immense plateau octogonal qui occupe presque toute la scène, dans la cour du château de Castelnau-Bretenoux, l'étudiant poète Hoffmann, personnage romantique par excellence, évoque dans une taverne bavaroise à l'ambiance survoltée, les trois femmes de sa vie. Sur ce plateau qui sert à la fois de table de taverne et de scène, le jeune homme, toujours une bouteille à la main, pris par une sorte de délire alcoolisé, fait revivre le trio de « divines enchanteresses » personnifiées successivement par Olympia, la poupée mécanique à la voix d'or, Giulietta, la courtisane vénitienne avide de diamants, et Antonia, la jeune cantatrice tiraillée entre l'amour d'Hoffmann et la poursuite d'une carrière artistique glorieuse.

Relevant plus du fantasme que du monde réeI, les trois créatures sont, comme le voulait Offenbac,  incarnées par une seule et même chanteuse, la jeune et vaillante soprano turque Serenad B. Uyar. D'airs sublimes, duos ou ensembles choraux, de chansons à boire en étourdissantes valses égrénées avec entrain par le choeur et l'orchestre Opéra Eclaté, le spectacle, mené tambour battant par le personnage de Niklausse, grimé en clown blanc, distille une forme de mélancolie aux accents sardoniques et parfois cruels. Impression renforcée par les citations de Baudelaire que les deux metteurs en scène ont glissées de-ci de-là au fil de l'action. Plus ou moins bienvenues, les idées de scénographie, mises en œuvre parfois laborieusement, empêchent le spectacle de décoller vraiment. Notamment la partie finale concernant Antonia, engoncée dans une immense robe rouge qui recouvre tout le plateau et dans laquelle elle s'enroule au prix de force contorsions.

Autres œuvres lyriques hymnes à la femme au programme : Les Noces de Figaro, de Mozart, La Traviata de Verdi (dont l'héroïne Violetta est incarnée par la même Serenad B. Uyar), et création originale de cette saison, Le Devin du village, intermède en un acte écrit et composé par Jean-Jacques Rousseau.

Enfin, comme chaque saison, le programme du Festival comporte son lot de concerts de musique symphonique et classique, de musiques du monde et des spectacles de cabaret. De quoi combler tous les mélomanes aoûtiens.



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre
Saint-Céré Du 04/08/2018 au 18/08/2018 à 21h30 Festival de Saint-Céré Théâtre de l'Usine, 18 avenue du Docteur Roux BP 59, 46400 Saint-Céré Téléphone : 05 65 38 28 08. Site du théâtre Réserver  

Les Contes d'Hoffmann

de Jacques Offenbach

Opéra
Mise en scène : Olivier Desbordes et Benjamain Moreau
 
Avec : Jean-Noël Briend, Serenad B.Uyar, Christophe Lacassagne, Inès Berlet, Lamia Beuque, Éric Vignau, Josselin Michalon, Yassine Benameur, Lionel Muzin

Direction musicale : Mehdi Lougraïda
Costumes : Jean-Michel Angays  
Décors : Patrice Gouron
Lumières : Joël Fabing

Durée : 3h Photo : © Alain Wicht