Publié le 28 juillet 2018
Pierre Beffeyte et Nikson Pitaqaj (Président et Vice-Président d’AF&C) présentaient ce vendredi 27 juillet le pré-bilan du festival off 2018. Si la fréquentation est en légère baisse par rapport à la précédente édition, les responsables restent confiants et misent à la fois sur la poursuite de la professionnalisation des compagnies et sur la diversification des publics.

Si le festival Off ne rebaissera le rideau sur cette cinquante-troisième édition que dimanche soir, l’heure des bilans a d’ores et déjà sonné pour le conseil d’administration d’Avignon Festival & Compagnies. Un bilan plutôt mitigé cette année car si les chiffres de fréquentation sont estimés plutôt bons, ils sont malgré tout inférieurs à ceux de l’année 2017, « qui était une année exceptionnelle », souligne Pierre Beffeyte.

Une fréquentation en relative baisse


Sans doute la grève de la SNCF a-t-elle pu jouer un peu sur la fréquentation au cours de la première semaine du festival. Mais on peut aussi se demander si un début de festival avant le début des vacances scolaires n’a pas aussi un effet dépressif sur la fréquentation de la 1ère semaine de festival.

L’effet coupe du monde, comme l’absence de W-E prolongé pour le 14 juillet peuvent également expliquer cet infléchissement de fréquentation. Mais AF&C tient à souligner que cette baisse est relative puisqu’elle ne se constate que par rapport à l’année 2017, les chiffres de fréquentation de cette année restant supérieurs à ceux de 2016.

« Un festival de chiffres »

Pour parler chiffres, le nombre de cartes off vendues au 25 juillet était d’un peu plus de 59 000 cartes (en baisse de 6,3%) avec 80% de cartes vendues à plein tarifs. L’expérience de proposer aux jeunes une carte à 1€ pour la dernière semaine du festival semble cependant avoir été concluante et même si ces cartes ne représentent à elles seules qu’une toute petite part des cartes vendues (1% du total des cartes et 9% des cartes jeunes). 

Autre chiffre, celui du nombre de spectacles. 1538 étaient programmés cette année. Mais P. Beffeyte nuance le constat d’augmentation systématique du nombre de spectacles d’année en année. « Certains de ces spectacles s’inscrivaient dans les relâches » explique-t-il. Ainsi, plus de spectacles ne signifierait pas forcément plus de créneaux et / ou de salles mais la volonté de mieux rentabiliser les espaces et horaires disponibles pour présenter des spectacles plus ponctuels.

Preuve que le Off d’Avignon est vraiment un lieu de recherche et de création théâtrale, la grande majorité des spectacles du Off 2018 étaient des créations (1211 spectacles joués pour la première fois) et 168 sont venus de l’étranger. Iran, Chine, Taïwan, Norvège et Mexique (pour ne citer qu’une partie d’entre eux) ont ainsi été représentés au festival dans des créations diverses. Une ouverture à l’international rendue notamment possible par les technologies de sur-titrages mais qui ne s’arrête pas aux compagnies étrangères venues présenter leur travail dans nos murs. Il s’agit aussi de multiplier les rencontres, de visu ou par webcam interposées, pour élargir les horizons de la culture.

Plus de diversité

Elargir des horizons, qui passent aussi par l’élargissement des publics du festival. Car un des enjeux de la culture implique forcément la multiplication des publics. Avec les publics jeunes bien entendu (150 spectacles jeune public cette année au Off), mais aussi des publics moins habitués au théâtre. Ceux qui grandissent dans l’idée fausse que le spectacle, ce n’est pas pour « eux ».  Et pour leur donner l’envie de venir voir ce qu’est le festival, AF&C a choisi cette année de proposer aux 12-25 ans une « offre spéciale dernière semaine » (la carte off à 1€). Et ce sont déjà près de 600 cartes qui ont été ainsi vendues. Un succès donc, qui conduira à renouveler l’expérience l’an prochain.

Un festival de plus en plus écolo ?

Enfin, le Festival ne peut pas s’ancrer totalement dans son époque sans chercher à s’impliquer dans développement durable. Première voie pour un festival plus écologique : la proposition qui est faite aux compagnies de profiter des « éco-packs » : des affiches et tracts imprimés sur papier 100% recyclés et imprimés avec des encres végétales.  La mutualisation des moyens permettant de réduire les coûts unitaires, cette offre remporte un réel succès auprès des compagnies. Ainsi, même si cette solution de ne résout pas grand-chose à la pollution visuelle, elle a au moins le mérite d’en limiter l’impact écologique.

Autre piste écologique (et pratique…) : limiter l’encombrement du centre historique. Pour cela, des efforts importants ont été conduits, en association avec la ville et des partenaires commerciaux, pour développer l’offre de parking et de navettes entre le centre-ville et une large périphérie. Ce projet de délocaliser (au moins ?) les lieux de résidence au-delà de l’agglomération avignonnaise tout en facilitant les stationnements et trajets jusqu’au cœur de ville fait partie des projets qu’AF&C entend développer rapidement.  C’est dans cet objectif que l’association travaille sur une nouvelle carte interactive qui regroupera lignes de bus, trains, hébergements et autres lieux de spectacles. Le contenu devrait s’enrichir au cours de prochains mois (voir ICI pour plus d’informations).



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre