Publié le 8 février 2018
Dix ans après la disparition de son créateur, le Béjart Ballet Lausanne reprend « La Flûte enchantée ». Trois heures de danse magistrales dans une scénographie réglée comme du papier à musique où chaque geste compte.

En jeans et tee-shirt, les danseurs s’installent sur scène durant l’Ouverture du célèbre opéra de Mozart. Une gigantesque étoile à cinq branches est dessinée au sol, au centre de laquelle repose un danseur. Toute la chorégraphie s’agencera autour de ce symbole. Maurice Béjart l'avait imaginée en 1981 sur une version de « La Flûte enchantée » interprétée par la Philarmonie de Berlin en 1964, et donc dans la langue de Mozart. Au fond de cette scène dépouillée voire zen, trône une gigantesque structure en bois rouge, tels les « toris » qui marquent l’entrée des temples japonais. Cette estrade géante est investie de multiples façons tout au long du spectacle : transformée en une seconde scène sur laquelle se jouent certains duos en miroir ou habillée d’un écran géant nimbé de bleu ou de rouge, couleur fétiche du grand chorégraphe et omniprésente. Des escaliers encadrent cette structure, changent de direction ou disparaissent au fil du récit.

Car le Béjart Ballet Lausanne nous conte littéralement, à l’aide d’un danseur-récitant, l’histoire de « La Flûte enchantée » ; Le jeune prince Tamino doit délivrer la princesse Pamina, capturée par le cruel Sarastro. La Reine de la nuit lui confie une flûte magique et un compagnon de lutte, Papageno, drôle d’homme-oiseau… Tous les personnages du célèbre opéra sont présents et la chorégraphie respecte scrupuleusement le livret, le mouvement des danseurs prolongeant les chants. Papageno est interprété par un diable de danseur qui vole sur scène plus qu’il ne danse tel un elfe, avec des bras aussi agiles que des papillons.

La Reine de la nuit n’apparaît que deux fois sur scène mais impressionne par ses performances techniques, hissée sur ses pointes tout comme le sont ses trois suivantes. Deux autres personnages dégagent une énergie tout aussi impressionnante : le cruel Sarastro et Monostatos, le chef des esclaves, à la fois gracieux et puissants athlètes tout en muscles. Danseurs « historiques » de la compagnie et plus jeunes - une quarantaine d’artistes en tout – font revivre cette oeuvre majeure avec la même intensité.

Reine et roi, prince et de princesse ou magiciens peuplent ce conte fantastique et initiatique. Le spectacle oscille en permanence entre féérie et symboles. L’ultime composition de Mozart, inspirée des idéaux de la franc-maçonnerie du 18e siècle, multiplie les images symboliques tout comme la scénographie révisitée par Gil Roman, directeur artistique de la compagnie. Mais le style si caractéristique de Maurice Béjard est bel est bien là, dans chaque tableau : des danseurs aux torses nus et danseuses en « académiques » clairs, des pieds flex et des paumes de mains ouvertes, des mouvements totalement destructurées et prouesses acrobatiques à partir des positions les plus classiques de la danse. Un enchantement !

 



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Paris Du 07/02/2018 au 11/02/2018 à 20h30 Palais des congrès 2, place de la porte Maillot. 75017 Paris Téléphone : : 01 40 68 22 22. Réserver  

La Flûte enchantée

de Maurice Béjart

Danse  

Décor et costumes : d'après les plans originaux d'Alan Burrett

Réalisation costumes: Henri Davila

Réalisation lumière : Dominique Roman

Directeur artistique : Gil Roman

 

Durée : 3h Photo : © BBL