Publié le 2 décembre 2017
Au cœur de la forêt amazonienne, après la paix signée par les Farc avec le gouvernement colombien, une visite dans un musée plus ou moins imaginaire de la révolution.

L’œuvre est un exemple réussi de docu-fiction qui brasse réalité et fantasmes, passé et présent, horreurs des combats et poésie de la forêt luxuriante, idéologie politique et culture, quotidienneté et folklore. Au cours de la représentation théâtrale se projettent, sur la rondeur concave d’une parabole ou sur un écran géant en fond de décor, des images filmées de reportages.

Cet incessant va-et-vient d’un passé désormais lié à l’histoire colombienne et de l’immédiateté du jeu dramatique permet une sorte de vision synthétique d’un réel irrémédiablement associé à sa métamorphose en épopée pour mémoire et inconscient collectifs. Se dévoile alors un récit qui entrelace non seulement les actions des combattants mais également des personnages mythiques des révolutions (Bolivar, Marx, Rosa Luxembourg, Lénine, Mao, Castro, Guevara).

C’est un adieu à significations multiples : la fin d’une guerre civile de plus de cinquante années, l’épilogue d’une foi ancrée dans une certaine forme violente de révolte politique, la nécessité de la fête (même si elle est ratée comme l’élection de Miss Univers en 2015 destituée aussitôt que nommée), une célébration par le théâtre avant de passer vers d’autres formes de gouvernance sur fond d’espérance et de scepticisme.

L’ensemble est à l’image du décor : des cubes transparents remplis d’une végétation proliférante à côté d’un autre translucide qui laisse apparaître des ombres. C’est une permanente mise en abyme entre images filmées et présence réelle, entre militaires déguisés en acteurs et comédiens aux apparences de guerriers, entre le souvenir de la rébellion par ses participants et l’exploitation de l’histoire nationale en vue d’un usage touristique et peut-être didactique.

La troupe est emmenée par un accordéoniste fougueux, Juan Ernesto Díaz. Il impose sa présence physique à travers des musiques qui sont à la fois entraînantes, impressionnistes jusqu’à se faire décor sonore de la représentation, porteuses de drames comme de festivités. De la sorte, la salle est embarquée dans une aventure où l’on chante, danse, combat, échange des idées, commente, évoque, mélange les genres en une fresque baroque et burlesque.  



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre
Villeneuve d'Ascq (Lille) - Next Du 23/11/2017 au 25/11/2017 à 20h La Rose des Vents Boulevard Van Gogh, Téléphone : 0320 61 96 96. Site du théâtre Réserver   Pau Le 05/12/2017 à 20h30 Espaces pluriels 17 rue Saragosse Téléphone : 05 59 84 11 93 . Site du théâtre Réserver  

La Despedida (L’Adieu)

de Heidi et Rolf Abderhalden

Théâtre
Mise en scène : Heidi et Rolf Abderhalden
 
Avec : Heidi Abderhalden, Rolf Abderhalden, Agnes Brekke, Andrés Castañeda, Miguel Molina, Julián Díaz, Santiago Sepúlveda

Dramaturgie : Mapa Teatro accompagné de Martha Ruíz, Matthias Pees, Laymert García Dos Santos, Jean Tible, Giulia Palladini
Musique, création sonore: Juan Ernesto Díaz
Scénographie: Pierre-Henri Magnin.
Conception lumière, direction technique: Jean François Dubois
Création costumes : Elizabeth Abderhalden
Masques: Christian Probst et Juan Alberto Orrego
Montage, vidéo en direct : Luis Delgado, Ximena Vargas
Régie plateau : José Ignacio Rincon/Javier Navarro

Durée : 1h15 Photo : © Mauricio Esguerra  

Production: Mapa Teatro, Ximena Vargas/Les Indépendances, Camille Barnaud
Traduction : Anne Proenza.
Co-productions : Théâtre de la Ville –Paris (Festival d’Automne), Théâtre Vidy-Lausanne, Festival Sens Interdits, Next Festival –La rose des vents
Soutien : Ministère de la Culture de Colombie, Institut Français, ONDA (Année France-Colombie 2017)

Remerciements : Michelle Kokosowski, Alejandro Valencia Villa, Sergio Jaramillo, Grupo Puma, Base Militaire El Borugo, Ministère de la Défense de Colombie, Ambassade de Suisse et Ambassade de France en Colombie