Publié le 30 juillet 2017
La 52ème édition du festival off se termine aujourd'hui, même si quelques théâtres ont d'ores et déjà fermé leurs portes depuis quelques jours. Bilan positif selon les représentants d'Avignon Festival et Compagnies.

Cette année encore, le festival Off d'Avignon aura contribué au rayonnement culturel de la ville. Ce ne sont pas moins de 1480 spectacles, répartis dans 128 lieux dont 119 théâtres qui auront rythmé ce mois d'effervescence théâtrale. Des spectacles, ou "propositions artisitiques" comme préfère les appeler Pierre Beffeyte président de l'association AF&C, de nature très différentes. Théâtre classique ou contemporain, danse, jeune public, humour ou autres marionnettes et théâtre d'objet.

Un festival qui attire toujours plus de publics, et des publics de plus en plus fidèles. En effet, le nombre de cartes d'abonnement public a progressé de 9,1% mais ce sont surtout les jeunes qui semblent en forte progression puisque le nombre de cartes 12/25 ans a plus que doublé, passant de près de 3400 l'an dernier à plus de 8500 cette année. Une progression dont se félicite le bureau d'AF&C, qui a notamment oeuvré pour développer la fréquentation du festival par les jeunes et les familles à travers un concours pour gagner des séjours avignonnais mais aussi une page dédiée sur le site AF&C et une identification plus claire des spectacles jeunes publics (166 cette année) dans le catalogue.

Un public plutôt féminin et fidèle au festival

En association avec des étudiants de l'Université d'Avignon, une vaste enquête a été conduite auprès des spectacteurs. Si les données de l'enquête sont encore brutes, elles montrent que conformément à ce qui avait été déjà mis en évidence il y a plusieurs années, la grande majorité des spectateurs sont des femmes (65%). Chose peut-être moins visible, seuls 10 à 15% du public est un "primo-festivalier" alors que plus de 20% des personnes interrogées y étaient présents pour au moins la 15ème fois.

Le public du festival off est donc un public fidèle. Et qui se déplace volontiers pour passer un réel séjour culturel sur la ville. Le temps de séjour moyen des festivaliers est en effet de 7 à 8 jours, généralement concentrés sur la deuxième semaine de festival.  Durant cette semaine, ils dépensent en moyenne un budget global de 800€ dont 275 € sont consacrés au paiement des 14 places de spectacle vus. Toujours en moyenne, bien évidemment.

Une somme relativement importante qui semble s'alourdir d'année en année. Ce qui inquiète un peu les dirigeants d'AF&C, tant pour les publics que pour les compagnies. "Le festival d'Avignon n'est pas une poule aux oeufs d'or", souligne Pierre Beffeyte, qui s'inquiète de la future fréquentation du festival si les prix continuent à augmenter. "Les publics ne pourront plus se renouveler, les compagnies ne pourront plus venir... Il y a un seuil à ne pas dépasser, même s'il est normal que chacun puisse gagner de l'argent grâce au festival".

Des solutions pour l'avenir ?

La première voie vers une pression à la baisse sur les prix serait d'étendre le festival au delà des remparts. Un projet que certaines compagnies locales défendent depuis déjà de nombreuses années et qui semble retenir aujourd'hui l'attention à la fois de la direction d'AF&C et du jeune député J-F. Cesarini. Tous ont aujourd'hui la volonté de faire "virtuellement tomber les remparts" pour étendre le festival au-delà de l'intra-muros. Peut-être même au delà de la ville, des projets semblant se dessiner avec Orange et Vaison.

Autre chantier, déjà initié par la précédente équipe dirigeante de l'association, la volonté de poursuivre la professionnalisation du Off. C'est en ce sens qu'une dizaine d'ateliers de formation (en partenariat avec l'AFDAS) ont été proposés aux administrateurs des compagnies mais aussi près de 30 ateliers gratuits sur des thématiques allant de de la diffustion au mécénat en passant par la fiscalité et le conseil juridique.

C'est également pour poursuivre la voie de cette professionnalisation qu'un fonds de soutien de 205 000 € a été affecté à 83 créations présentées au cours du festival. Pour prétendre à cette aide, les compagnies devaient présenter une création (jouée moins de 12 fois avant le festival) et respecter le droit du travail. Notamment en termes de rémunération des artistes. Sur 112 compagnies éligibles, ce sont donc 83 projets qui ont été retenus et ont pu profiter d'une aide de 1000€ par artiste, dans la limite de 4000€ par projet.

Enfin, comme le souligne Nikson Pitaqaj, vice-président d'AF&C, des efforts sont encore à fournir de la part de certains lieux pour l'accueil des compagnies. Si tous les théâtres ne sont pas concernés par la remarque, certains sont encore des espaces de souffrance pour les compagnies qui devraient pourtant garder "leur énergie pour la scène" et pas pour des problèmes annexes.



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre