Publié le 30 juillet 2016
Si les compagnies jouent encore aujourd'hui (et même certaines demain), l'heure des bilans a d'ores et déjà sonné pour l'équipe d'AF&C. Une édition 2016 satisfaisante qui s'ouvre sur un avenir plein de promesses.

Comme chaque année, les dernières heures du festival off appellent les bilans de toutes sortes. Bilans économiques mais aussi artistiques. Et projets d'avenir pour ce quinquagénaire de festival qui semble se porter plutôt bien. Et profite du dynamisme de la nouvelle équipe à la tête de l'association AF&C.

Le prix du public, un prix sur la sellette

Parmi les tous premiers bilans, ceux dressés par le public qui, comme chaque année, a été appelé à voter pour le spectacle qu'il a préféré. Un prix par nature contestable puisque tout le monde ne vote pas forcément et que tout le monde ne peut pas avoir vu tous les spectacles, mais qui marque malgré tout un niveau de reconnaissance incontestable du public. Les spectacles ainsi récompensés pour l'année 2016 sont "La fossette bleue" (catégorie théâtre), "Emma Mort, même pas peur" (catégorie clown/cirque), "Monsieur Choufleuri restera chez lui" (catégorie spectacle musical/concert), "Double" (danse), "Eloge du rien - La vie passante" (poésie, lecture, conte) et "Coeur cousu" (mime, marionnette, magie).

Mais si cette reconnaissance est forcément particulièrement appréciée par les compagnies qui ont reçu ce prix, l'avenir du prix reste incertain. A l'heure actuelle, le prix repose en effet sur le vote direct de personnes ayant la carte du off votant plus ou moins spontanément pour le spectacle qui leur a le plus plu. Mais il existe un risque réel de voir à l'avenir ces votes détournés par des sociétés qui pourraient tenter de les monnayer auprès des compagnies. La pérennité du prix repose donc sur la nécessité de sécurisation de ces votes.

Une fréquentation en hausse

Sur le bilan économique, malgré les craintes liées aux attentats et au contexte économique, le public a été encore plus nombreux. Si les instances du off ne peuvent pas fournir de chiffres fiables sur la fréquentation réelle du festival, les ventes de cartes d'abonnement ont augmenté par rapport à 2015. Une petite hausse de moins de 1% mais qui représente cependant 530 cartes vendues en plus cette année. Et donc un minimum de 530 personnes de plus par rapport à l'an dernier.

Et cette progression n'est pas à négliger car, à travers ces cartes d'abonnement, le public finance les deux tiers du budget d'Avignon Festival et Compagnies. Et les compagnies qui seraient tentées de proposer des billets à tarifs réduits à partir de plateformes internet diverses mettent ce financement en péril. Car ce qui n'est pas financé par le public est payé par les compagnies... La réduction du public adhérent conduirait donc logiquement à la hausse de la contribution des compagnies.

Piste possible pour faire face à ce risque : développer une billetterie centralisée qui permettrait une visibilité plus grande de la fréquentation réelle du festival. Et garantirait aussi au public l'absence de toute fraude...

Des projets pour l'avenir

Si l'édition 2016 du festival marquait le 50ème anniversaire du Off, cette année ne sera pas tant marquée par les festivités commémoratives que par les projets d'avenir que la nouvelle équipe à la tête de l'association depuis quelques mois souhaite mettre en place. Des projets collectifs qui s'articulent autour de quatre dynamiques, votées à l'unanimité par les membres du conseil d'administration. 

Première priorité de l'association : la professionnalisation du off, tant pour les lieux que pour les compagnies. "Il n'est pas concevable que des compagnies professionnelles ne respectent pas le code du travail ou la convention collective" souligne Raymond Yana, président d'AF&C. S'il ajoute que "l'ADN du off est d'accueillir tous ceux qui ne sont pas programmés au festival d'Avignon" (comprendre "In"), cela ne doit pas se faire au détriment du respect du droit. Ainsi, si tout le monde doit pouvoir jouer, seules les compagnies professionnelles doivent apparaitre "labellisées" pro. Et en assumer le statut... De même pour les lieux, des conditions d'accueil et de respect des règles devront - si le projet est définitivement voté - être garanties pour pouvoir apparaitre dans le catalogue.

Deuxième axe de travail : aller vers un éco-festival labellisé. Une démarche qui passe par un plus grand respect de la ville et de ses habitants. Moins d'affiches et des avignonnais qu'il faudrait arriver à impliquer davantage dans un festival qu'ils ne se sont, pour le moment du moins, pas véritablement approprié.

Les deux derniers projets s'articulent autour d'un développement des publics et une ouverture plus large encore du village du Off. Point commun de ces deux démarches : un effort qui devrait être porté sur les familles et le jeune public. Si ce dernier est d'ores et déjà largement représenté au off (166 spectacles jeune public cette année), Raymond Yana espère que AF&C continuera à oeuvrer pour développer une véritable "offre famille" qui pourrait passer par la création d'une application de baby-sitting ou l'ouverture d'un "village off des enfants" dans lequel les compagnies qui créent pour le jeune public et pour les familles pourraient organiser des ateliers à l'usage des enfants, voire de leurs parents.

Appelons donc de nos voeux la mise en oeuvre des ces projets aussi ambitieux qu'enthousiastes. Et RDV l'année prochaine...

 

 



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre