Publié le 23 octobre 2013
La mise en scène de Philippe Baronnet réussit le tour de force de vous donner l'envie de partir pour mieux apprécier de rester.

Dans un intérieur feutré de Stockholm, une famille se déchire mais sauve les apparences. Le choix d'un dispositif quadrifrontal renforce le caractère cathartique de la pièce de Norén.

En entrant dans la salle, on est prié de bien s’essuyer les pieds pour ne pas salir la moquette immaculée. Et puis on va s’asseoir, tout autour du plateau ; on peut même prendre place sur des canapés, comme si nous étions les invités de la famille présentée par Lars Norén. Ils sont un peu maniaques, ces nouveaux  amis, et la mère, quel moulin à paroles ! Alors comme Ellen, la fille, vous êtes pris de l’envie de partir, de les laisser là régler seuls leurs problèmes insolubles.

Mais la lumière crue éclaire aussi bien les comédiens que le public. Partir, ce serait inconvenant.Toutefois, si la scénographie comporte sa part de contrainte pour le spectateur, c’est le texte qui lui rend sa liberté. Alors que les personnages s’enlisent dans la musicalité de la langue de Norén, le public se permet peu à peu de rire des coïncidences maladroites qu’elle provoque. Le dispositif quadrifrontal en pleine lumière permet le développement de la complicité et facilite l’acceptation de ce huis clos familial oppressant.

Elya Birman est un stupéfiant Thomas, le fils de la famille atteint d’une maladie mentale indéfinissable. Nine de Montal et Camille de Sablet forment un duo mère – fille qui décline le texte avec une précision métronomique et en maîtrise le déraillement à la perfection. Enfin, Samuel Churin, tout en retenue, joue un père parfaitement satisfait d’être dépassé par les événements qui sait affirmer avec une désarmante désinvolture que tout va bien.



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre
Paris Du 09/10/2013 au 27/10/2013 à 20h30, dimanche 16h30, relâches 18 et 23 octobre, supplémentaire 19 octobre à 15h30 Théâtre de la Tempête Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris Téléphone : 01 43 28 36 36. Site du théâtre Réserver  

Bobby Fischer vit à Pasadena

de Lars Norén

Théâtre
Mise en scène : Philippe Baronnet
 
Avec : Elya Birman, Samuel Churin, Nine de Montal, Camille de Sablet

scénographie : Estelle Gautier

lumières : Guillaume Granval

son : Cyrille Lebourgeois

costumes : Carmen Bagoe

maquillage : Françoise Chaumayrac

régie : Gilles David, Yann Nedelec, Quentin Dumay

 

Durée : 1h50 Photo : © Jean-Marc Lobbé