Michel VOITURIER envoyé spécial à Huy
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Publié le 22 août 2019
Il a 11 ans. Ses parents déménagent. Il doit changer d'école bien loin dans une ville. Là, il ne connaît personne. Un grand et ses courtisans en font un souffre-douleur. Mais lui, il va tenter de dompter ses peurs et d'affirmer sa personnalité.

Le petit campagnard inconnu, à peine arrivé en ville dans une école inconnue remplie d'élèves inconnus se voit immédiatement reconnu comme cible pour la bande à Alexandre, le caïd de l'établissement. Il se voit affublé du sobriquet de "Brindille" parce qu'il est maigrichon, refermé sur lui-même, tremblant à la moindre menace.

Lui qui, auparavant, avait toujours eu des conduites originales, avait un attrait pour les changements et une curiosité pour les nouveautés, se voit relégué à se cacher dans des coins, à passer inaperçu pour ne pas servir de défouloir à la hargne gratuite de petits voyous en puissance.

Heureusement, lecteur avide, il s'est construit un imaginaire dans lequel il lui est loisible de se réfugier afin de retrouver l'énergie d'aimer la vie. Et puis, il va se lier avec deux autres victimes, un gamin baptisé "Nabot" parce que petit de taille et un fils d'immigré italien moqué en "Macaroni".

Jean-Paul Fréhisse a écrit cette histoire. Il aimerait bien que tous les écoliers maltraités soient délivrés de leurs souffrances et de leurs humiliations. Puisqu'il est comédien, il ne se contente pas de raconter cette lutte pacifique, il la joue. Et son jeu captive l'attention du début jusqu'à l'épilogue pacificateur.

Sa technique est bien au point. Bien entendu, il a appris à moduler sa voix, à varier les intonations et les intensités de ses paroles. Il s'en sert assez néanmoins pour que son héros suggère quels sont les autres qui parfois parlent, sans jamais cependant en abuser en versant dans la caricature facile des accents.

L'aspect corporel de la narration est ce qui maintient le mieux la densité de l'attention des auditeurs de ce conte moderne. Ses gestes, on le sent, sont maîtrisés. Ils portent en eux l'énergie qui leur permet de prendre place dans l'espace, de l'habiter. Aucun n'est parasite. Chaque mouvement de main, de doigts même, chaque mimique correspond à ce que les personnages vivent. Il en ressort une profonde humanité.

Printemps
Huy - Rencontres Théâtre jeune Public - Belgique Du 21/08/2019 au 22/08/2019 à Me 20h Je 11h30 16h Salle de l’Athénée Cité Emile Vierset Réserver  

Printemps

de Jean-Paul Fréhisse

seul en scène dès 8 ans Jeune Public
Mise en scène : Didier de Neck
 
Avec : Jean-Paul Fréhisse

Assistanat à la mise en scène : Marianne Hansé, Eno Krojanker
Régie générale : Guy Carbonelle

Durée : 55'  

Production : Cie Pourquoi Comment