Cécile STROUK Paris
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Publié le 2 septembre 2018
Quatrième édition pour « Les Nuits des Arènes », où se presse une foule de plus en plus nombreuse. Tour d’horizon d’un festival engagé, pluridisciplinaire et familial qui dénote par sa joie de vivre.

L’année dernière, nous avons découvert Les Nuits des Arènes un peu par hasard, au détour d’une invitation presse. C’était un samedi soir. Deux spectacles allaient se jouer : un solo de danse et une proposition circassienne haute-en-couleurs, appréciés pour leur audace. Un an plus tard, nous revoici au cœur des Arènes de Lutèce, où se déroule cette quatrième édition. Nous arrivons le samedi aussi, mais plus tôt, pour nous imprégner de l’atmosphère récréative d’un festival qui touche déjà à sa fin, après 4 jours de concerts, rencontres, expositions et spectacles.

Dès lors que nous franchissons la porte, la magie opère. La majesté de cet amphithéâtre gallo-romain du Ier siècle est saisissante avec ses gradins entourés par une verdure chatoyante que l’on peut fouler à l’envi par des escaliers de traverse. Sur les murs, de grandes affiches colorées, qui attirent notre attention.

Nous nous dirigeons vers un stand tenu par deux jeunes hommes accueillants pour en savoir plus : à l’occasion de la quatrième édition des Nuits des Arènes, le journal Erratum (illustration) et Maison Tangible (édition) ont convié des artistes pour illustrer les clichés parisiens avec des… PIAFS ! Le résultat : une collection de dessins en réalité augmentée qui mêle avec ingéniosité couleurs étincelantes, trait ingénieux et humour décalé.

De l’autre côté des arènes, des affiches sont elles aussi accrochées aux murs en pierre. Celles d’un projet réussi et ambitieux qui imagine ce que sera l’avenir en 2050 à travers des couvertures illustrées d’un magazine imaginaire, The Parisianer. La créativité des artistes sollicités à cet effet laisse entrevoir un monde plutôt épanoui, où l’on sent pointer un humanisme poétique et une utopie nécessaire.

Un tournoi de pétanque s’annonce pour 15h00. Férus de ce « sport so french » (dixit les touristes américains qui passaient par là), nous y participons gaiment au côté de personnes de tout âge, souriantes et prévenantes, en jouant à gauche et à droite de la grande scène installée pour les spectacles du soir. Pendant ce temps, un bal chorégraphié sur l’univers entraînant de Boby Lapointe fait fureur à côté auprès des enfants.

Après une heure d’activité sous un soleil caressant, nous allons visiter le Marché de Créateurs amoncelés sur l’espace verduré des Arènes. Un florilège de créations artisanales toutes plus délicates les unes que les autres : compositions en céramique (Pepperclay Ceramic), sérigraphies élégantes (Charlotte Busquet), bougies végétales coulées à la main (Bougie Herbivore), habillages stylisés pour cubis (Obag'), savons parfumés et gourmands (Doucho.), bavoirs hipster (Minimaki), objets textiles imprimés (Les mini mouettes), compositions florales… Un voyage sensoriel tellement absorbant que nous n’écoutons que d’une oreille distraite le débat débuté entre temps sur les espaces d’expression politique.

Vers 19h00, la musique brésilienne de Ruben Jacobina vient apporter une touche supplémentaire de bonne humeur à cette radieuse fin de journée peuplée d'un public attentif et de badauds transitant tranquillement avec leur bière. Après une temps mort où il est demandé à toutes et à tous d’évacuer les Arènes pour les concerts payants du soir, nous retournons dans cet espace déjà rempli par de douces ténèbres pour assister à La Fuite. Un spectacle burlesque qui raconte l’histoire d’un vagabond en cavale avec sa tente Queshua sur des bruitages de nature. Outre la prestation acrobatique de Matias Pilet et la fraîcheur formelle de sa proposition, le spectacle manque d’un relief narratif pour être apprécié à sa juste valeur.

Ceci n’enlève néanmoins en rien le plaisir que fut celui de participer à un événement d’une si charmante simplicité, et que l’on ne saurait que trop conseiller.

Lutèce et ses arènes (ré)créatives