Odyssée
Noël TINAZZI Paris
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Publié le 10 janvier 2018
Au Théâtre de la Bastille, Pauline Bayle adapte "l’Odyssée" et rend l’épopée d’Homère et son héros Ulysse proches de nous. La pièce très fluide rompt avec les conventions du récit d’aventures.

Après l’Iliade en novembre 2015, Pauline Bayle porte à la scène l’Odyssée. Elle le fait d’une manière bien à elle, rendant extraordinairement proche, humaine, l’immense épopée du poète grec. Avec une grande économie de moyens et en se concentrant sur une quinzaine d’épisodes qui respectent la variété des formes et des tons du texte qui est interprété tantôt dans la version originale, tantôt dans une langue plus contemporaine. Le spectacle hybride, ludique, inventif, rompt avec les conventions de la représentation et, dépassant la monotonie du récit, s’écoule de manière très fluide, vivante, accessible à tous.

Récits d’aventures, dialogues tragiques ou triviaux, scènes plus légères d’intimité, aller-retour dans le temps, flashbacks… s’égrènent au fil de séquences dont les personnages sont indifféremment joués par les deux femmes et les trois hommes qui forment la petite troupe. Le tout dans le plus grand dénuement : un simple rectangle de chaises délimitant la scène autour d’un parquet central qui forme comme un terrain de jeu où se nouent et se détendent les tensions portées par les interprètes. Et de-ci de-là quelques jolies trouvailles scéniques qui matérialisent l’avancée de l’action.

Quand commence la pièce, voilà sept ans qu’Ulysse erre sur la mer et que la perspective de regagner sa terre natale s’éloigne sans cesse au gré de nouvelles aventures. Après dix ans passés sur le terrain de la guerre de Troie, cela fait en tout près de vingt ans qu’il n’a pas revu sa femme, la patiente Pénélope, ni son fils, le bouillant Télémaque. C’est d’ailleurs sur ce dernier que s’ouvre l’épopée : le jeune homme se détermine à partir à la recherche de son père, écoeuré par les prétendants qui briguent la main de la reine, qu’ils croient veuve, et dilapident les richesses du palais.

Le premier anti-héros

De son côté, Ulysse, qui a perdu tous ses compagnons, doit faire appel à tout le potentiel de ruse dont il dispose et à sa capacité de survie pour vaincre la peur et ses faiblesses d’humain pour poursuivre coûte que coûte son objectif qui est de retrouver les siens. Quand commence le récit de ses aventures, il est entre les mains de la déesse Calypso, sur une île à la frontière du domaine des hommes. Conscient des leurres que les dieux sèment sur sa route, il se dégage de l’influence de l’ensorceleuse qui va jusqu’à lui proposer l’immortalité. Car Ulysse, qui fait figure de premier anti-héros, ne prétend jamais qu’à retrouver sa place et son rôle d’homme. Se faisant toujours violence, réprimant ses émotions premières, à commencer par la peur, il parvient à échapper au créatures surnaturelles en tous genres qui entravent sa route : cyclopes, sirènes, monstres marins, magiciennes…

Empruntant malgré lui sans cesse de nouveaux détours, arrivé enfin à bon port, il repousse jusqu’au bout le moment de se faire reconnaitre par chacun des siens pour mieux éprouver leur fidélité. Au terme d’une sanglante vengeance, il finit pourtant par retrouver son statut de roi, d’époux, de père. Et sa place dans le cycle des générations humaines.

Si elle a dû sacrifier quelques épisodes du récit d’Homère, Pauline Bayle, en revanche insiste sur ceux  qui mettent en évidence le respect et l’hospitalité dus aux étrangers, valeurs intangibles que, de façon symptomatique, ne respectent pas les prétendants qui ne pensent qu’à assouvir leur ambition. Or si les prétendants ne respectent pas ces valeurs, c’est qu’ils ne respectent rien. En quoi ils sortent du domaine de la civilisation. La ressemblance avec l’actualité contemporaine n’est pas fortuite...

Paris Du 08/01/2018 au 03/02/2018 à 19h Théâtre de la Bastille 76 rue de la Roquette. 75011 Paris Téléphone : 01 43 57 42 14. Site du théâtre

Un jour sur deux, en alernance avec l'Iliade. Intégrale : les samedis 13, 20, 27 janvier et 3 février à 17h

Tournée :
Théâtre Liberté, Toulon, les 6 et 7 février / Iliade
La Ferme du Buisson,  les 9 et 10 février / Iliade
Théâtre Jean Arp, le 13 février / Odyssée
Théâtre du Cormier-Cormeilles-en-Parisis, le 14 février /Iliade
Théâtre du Garde-Chasse-Les Lilas, le 15 février / Iliade
Le Quai des arts-Argentan, le 20 février / Iliade
Théâtre de la Renaissance-Mondeville, le 21 février / Iliade
Théâtre Georges Leygues-Villeneuve-sur-Lot, les 2 et 3 mars / Iliade
Théâtre des Pénitents-Montbrison, le 6 mars / Iliade
Théâtre Antoine Vitez, Ivry-sur-Seine, les 9 et 10 mars / intégrale
Les Trois Pierrots-Saint-Cloud, le 13 mars / Iliade
Carré Belle Feuille-Boulogne-Billancourt, le 14 mars / Iliade
Le Tivoli-Montargis, les 16 et 17 mars / Iliade
Théâtre La Passerelle, Gap, les 20 et 22 mars / Iliade, les 21 et 23 mars / Odyssée
MJC Rodez, le 27 mars / Iliade
Scène nationale d’Albi, les 29 et 30 mars / Iliade
Le Safran, Amiens, le 6 avril / Iliade
Le Figuier Blanc-Argenteuil, le 8 avril / Iliade
ACB Bar-le-Duc, le 12 avril / intégrale
Théâtre Jean-Vilar-Saint-Quentin, le 16 avril / Iliade
Théâtre National de Nice, les 19, 20 et 21 avril / Iliade
Théâtre des Quatre Saisons, Gradignan, le 24 avril / Iliade
Les Sept Collines Tulle, le 26 avril / intégrale
Théâtre d’Aurillac, le 27 avril / Iliade
Scènes Croisées de Lozère, le 2 mai / Odyssée
L’Espace Montgolfier-Annonay, le 4 mai / Odyssée
Théâtre Jean Marais Saint-Fons, le 5 mai / Iliade

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Odyssée

de Homère

Théâtre
Mise en scène : Pauline Bayle
 
Avec : Charlotte van Bervesselès, Florent Dorin, Alex Fondja, Viktoria Kozlova, Yan Tassin

Assistante à la mise en scène : Isabelle Antoine
Assistanat à la scénographie : Lorine Baron
Lumières : Pascal Noël
Costumes : Camille Aït

Durée : 1h30 Photo : © Simon Gosselin