Michel VOITURIER Lille
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Publié le 31 mars 2021
Trois femmes, chacune pour soi, quittent un jour l’existence quotidienne qu’elles mènent. Elles se retrouvent inexplicablement attirées devant un mur qui les sépare d’une région marginale et mythique baptisée ‘La Zone’.

Derrière cette trame narrative se jouent plusieurs enjeux : celui de la construction d’une personnalité individuelle, celui de la perception d’une vie nouvelle et de ses conséquences comportementales, celui du lien entre les êtres et le milieu dans lequel ils évoluent. En quelque sorte un passage du vertigo à l’égo et à l’écolo.

La sonorité des prénoms du trio féminin semble variations autour d’une même origine, comme s’il s’agissait des facettes d’une même personne. Jane est employée dans une entreprise où elle est un rouage subalterne exploité. Jenny est une amoureuse un rien naïve qui fonctionne au sentiment mais a du mal à se fixer. Gena est chercheuse scientifique qui devra vérifier les hypothèses de ses trouvailles. 

Quant au protagoniste masculin qui leur est adjoint, il endosse une série de rôles permettant de passer des soliloques aux dialogues et de renouveler les rencontres mais également de donner au spectacle des allures alertes de comédie musicale car, chanteur et danseur, il intervient aussi dans des chorégraphies joyeusement rythmées.

Une richesse exubérante

Le spectacle se déroule en trois parties. D’abord l’identification des personnages féminins au moment  du choix de leur partance. Ensuite leur rencontre, leur cheminement vers le mythe, leur basculement d’un univers obsédé par le temps vers un territoire où il est aboli. Enfin leur métamorphose et leur devenir. C’est dire combien les atmosphères, la trentaine de lieux évoqués réclament des approches diversifiées.

La scénographie bénéficie d’un rideau mobile qui permet d’alterner astucieusement transparence et opacité, de moduler l’espace. Les éclairages et les projections s’efforcent de susciter les mystères d’un fantastique pas toujours palpable, de concrétiser des ambiances. Le texte est prolixe partagé entre formules lapidaires et impétuosité verbale, misant trop rarement sur les silences. L’accumulation des signes déferle, si bien que la richesse du spectacle vire quelque peu à la profusion.

La troupe met dans sa démonstration toute son énergie. Chacun(e) donne à fond le meilleur de sa présence corporelle et vocale. Chacun transmet sa conviction d’un discours plaidant en faveur d’un épanouissement individuel en communion avec un renouveau collectif au sein de notre planète que la pandémie actuelle devrait pousser à modifier ses valeurs et par conséquent ses comportements.

Et on est toutes parties
Tourcoing Du 16/03/2021 au 18/03/2021 à 15h Idéal (Théâtre du Nord) 19 rue des Champs Téléphone : 03 20 17 93 30. Site du théâtre Réserver  

Et on est toutes parties

de Léa Chanceaulme, Kevin Keiss

Théâtre
Mise en scène : Léa Chanceaulme,
 
Avec : Camille Claris, Arthur Leparc, Magdalena Malina, Juliette Savary

Dramaturgie : Kevin Keiss ;
Scénographie : Gala Ognibene ;
Lumières : Pierre Langlois ;
Son : Mikael Kandelman ;
Composition : Arthur Leparc, Mikael Kandelman ;
Costumes : Marie-Cécile Viault

Durée : 1h45 Photo : © Simon Gosselin  

Production : Compagnie Qué Mas
Coproduction : Théâtre du Nord ; Comédie de Béthune ; La Manekine Pont Sainte-Maxence
Résidences : La Manekine ; Théâtre Paris Villette ; Théâtre Ouvert
Soutien :  MC93 (prêt de costumes) ; Jeune Théâtre National ;Théâtre des Halles (Avignon)