Michel VOITURIER Bruxelles
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Publié le 24 janvier 2021
Puisque les théâtres sont fermés, c’est sans doute le moment d’en lire plutôt que de s’en priver. Cette pièce pour jeune public introduit de façon ludique le débat sur les couples homosexuels, sur l’adoption, sur l’amour.

A lire chez soi ou en classe, de préférence à plusieurs pour que chacun dise un des rôles ou une partie de ceux-ci. Avec le 6e prix Annick Lansman, c’est l’idéal pour commencer. D’abord parce qu’il y a plusieurs intervenants épisodiques (libraire, poissonnier, dame, institutrice, écoliers, policiers, ogre…) et que les deux parents qui ont beaucoup de répliques peuvent être joués par plusieurs lecteurs.

 Ensuite parce que Cotton a une écriture bien à lui, une musique particulière qui passe rythmiquement à l’oral et que ses répliques, en général brèves, en disent assez mais pas trop, de sorte qu’on puisse imaginer comment cela serait monté sur une scène.

Enfin parce que le sujet est un thème qui fait débats et donc suscite des discussions susceptibles de prolonger la découverte active de la pièce. En l’occurrence l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel (« Un feuilleton en trois saisons et trente-six épisodes.»), l’amour entre deux personnes de même sexe, les préjugés enracinés, la tolérance et l’ouverture d’esprit sans laquelle rien n’est possible. Les deux pères dialoguent avec vivacité, la fillette commente, plutôt amusée et attendrie.

 

Eventail thématique

La pièce aborde les difficultés particulières pour un couple dont les parents sont de même sexe mais aussi celles de tous les futurs  parents : comment ils sont tombés amoureux, de quelle façon ils ont organisé leur vie de couple et le partage des tâches, quelles complications administratives pour devenir parents adoptifs, de quelle façon aménager la chambre du bébé, comment ils ont choisi un prénom pour l’enfant, quelle méthode utiliser pour l’éduquer et pour l’encadrer durant les premières années scolaires, que répondre aux remarques des adultes et des gosses qui s’interrogent sur la différence avec les couples hétérosexuels, de quoi faut-il faire preuve si un pédophile ou un homophobe rôde…

La pièce est allègre, drôle, sautillante. Le texte est concret, tourné vers des situations très quotidiennes, très ordinaires. L’humour est omniprésent à travers le guilleret des répliques. Mais tous les aspects essentiels d’une nouvelle façon de vivre ensemble sont abordés sans tabou ni provocation. S’y ajoute l’affirmation de l’intérêt et de l’influence culturelle de la littérature sur les lecteurs.


Mes papas, l’ogre et moi : pour un débat serein
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Lire le théâtre 1 Stanislas Cotton Photo : © Oleg Dudko via 123RF

Lire : Stanislas Cotton, Mes papas, l'ogre et moi, Carnières, Lansman, 2020, 48 p.(10 )