Michel VOITURIER Tournai
Contact
Publié le 27 septembre 2020
Conçu pour les tout petits, ce spectacle muet se situe entre chorégraphie et mime. Deux personnes pénètrent dans un territoire blanc et rond qui les attire. Elles devront s’apprivoiser avant de réussir à bâtir un monde imaginaire.

Dans un espace rond, situé au centre d’une structure qui rappelle vaguement les araignées géantes de la sculptrice Louise Bourgois, deux personnages se rencontrent, s’affrontent, s’apprivoisent, découvrent, construisent.

D’abord, de la méfiance. Et surtout une curiosité à propos de ce disque solaire brillant déposé au centre qui attire et intrigue. Entre les deux, s’installe une rivalité que rythme une bande son aux cadences et sonorités variées. Le noir soudain vient ponctuer des arrêts sur images où les protagonistes sont surpris dans des positions et à des endroits différents résumant leur approche réciproque.

Avec logique, l’épisode suivant montre un combat. L’une s’est emparée du disque et s’en sert comme armure, parure ; l’autre s’empare d’un bâton. Toutes deux se battent. On joue sur des séquences au ralenti pour que la lutte devienne chorégraphie. Et que les gestes finissent par devenir des jeux.

Les bâtons deviennent alors ceux des écritures calligraphiques. Sur la blancheur du sol se dessinent  maintenant des courbes, se tissent des lignes en réseaux. Des signes mystérieux envahissent la surface. Ils annoncent un bouleversement  tandis que l’orage crée une ambiance propice à l’apparition d’une être étrange, sorte de tête-nuage éclairée de l’intérieur, divinité inconnue d’un univers encore primitif. Son parcours se termine au centre de la structure, en haut, figure céleste devenue sacrée.

Des rituels s’installent. La couleur bleue s’ajoute aux lignes. Comme si la mer débarquait. D’ailleurs les bottes du duo s’avèrent remplies d’eau. Le plateau prend des allures océaniques. Tout s’organise désormais de façon ludique comme lorsque des enfants jouent avec de l’eau, se défoulent avec des pirouettes, des courses, des sauts.

D’autres couleurs sortent des poches sous forme de poudre. On les souffle en nuées. On les sème en poussière. Fini le blanc uni. Maintenant c’est arc-en-ciel, c’est polychrome. L’espace lui-même se peuple : voici des ronds qui s’accrochent à des fils, se dispersent en planètes ou en astres suspendus dans un nouveau cosmos. Ce monde est celui du rêve, de l’imaginaire, de la créativité. Des projections multicolores rendent les planètes aussi rutilantes que le sol.

Un bateau volant maintenant traverse cet univers. Il vogue jusqu’au dessus du jeune public, emportant la silhouette des deux interprètes restées sur terre. Une terre qui ondule pour devenir océan et disparaître. Soudain, le songe s’évanouit. Retour sur notre planète terrestre mais dans un paradis de vacances, au centre d'une plage idyllique comme il n’en existe que sur les prospectus des agences de voyages et dans les cités balnéaires lorsque les touristes sont rares.

À partir du cercle et de la ligne, ce spectacle, parfois un peu touffu, permet de visualiser l’espace. Il réinvente à sa manière la création du monde. Il exprime aussi la difficulté des rencontres entre les êtres et celle de cohabiter en harmonie. Il imbrique les couleurs pour les yeux, les sons et les musiques pour les oreilles et le besoin de bouger son corps.

Plein soleil
Tournai - Festival Découvertes Images Marionnettes - Belgique Le 23/09/2020 à 10h 15h Centre de la Marionnette 47 rue Saint-Martin Téléphone : +32 (0)69 88 91 40 . Site du théâtre Réserver  

Plein soleil

de Collectif

Conte muet chorégraphié dès 3 ans Jeune Public
Mise en scène : Pascale Toniazzo
 
Avec : Piera Jovic, Carolina Fonseca

Collaboration artistique : Stéphane Robles
Danse : Piera Jovic
Tracés,  peintures : Carolina Fonseca
Scénographie, dispositif : Joanie Rancier
Regard chorégraphique : Lucile Guin

Durée : 40' Photo : © DR  

Production : Via Verde (Fr)