Noël TINAZZI Paris
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Publié le 14 décembre 2019
Au Théâtre Déjazet, Anthony Magnier et sa troupe Viva servent le vaudeville de Feydeau, « Le Dindon », très chaud, avec une sauce bien pimentée.

Décidément Feydeau revient dans le vent. Après les deux grosses productions que sont Le fil à la patte à la Comédie française et La Dame de chez Maxim à la Porte Saint Martin, voici un Dindon à la cuisse nettement plus légère au Théâtre Déjazet, pour les fêtes. Il est servi par la très active compagnie Viva, venue du théâtre de tréteaux, constituée depuis une quinzaine d’années. Avec à sa tête, l’homme-orchestre Anthony Magnier qui met en scène, joue et assure la scénographie.

En résidence à Versailles, la compagnie monte un ou deux spectacles par an en visant tous les publics. Et n’hésite pas à sillonner les routes des régions pour présenter ses productions minimalistes et passe-partout adaptables à toutes sortes de salles. Or quel meilleur auteur grand public que ce bon vieux Feydeau avec ses inusables histoires de cocufiage, ses péripéties de placard et ses savoureux calembours.

Malgré la multitude de personnages, joués souvent par un(e) même comédien(ne), et les incessants rebondissements, l’intrigue de ce vaudeville est assez simple : elle repose sur le principe œil pour œil, dent pour dent. La très fidèle Lucienne Vatelin en est le pivot, épouse d’un mari notaire, qui n’a d’yeux que pour elle.

Tout cela respire l’ennui conjugal mais, pour pimenter la chose, surgissent deux coureurs de jupons qui se mettent aux trousses de Lucienne : les sieurs Pontagnac, marié (mais seulement «un peu», précise-t-il), et Redillon, célibataire pas si endurci qu’il le fait accroire. Les deux compères mènent un siège en bonne et due forme à Lucienne qui, tout émoustillée quoiqu’elle en dise, leur propose alors un marché : elle ne trompera son mari que si les deux concurrents lui apportent la preuve que celui-ci l’a trompée.

Partenaires à point

A cette bonne vieille recette de la loi du Talion souscrit l’épouse délaissée de Pontagnac qui déboule à son tour dans le chaudron conjugal. Tous vont se liguer pour prendre Monsieur Vatelin la main dans le sac (si l’on ose dire). Une anglaise volcanique et providentielle aux charmes de laquelle le notaire a succombé, un soir de goguette londonienne, va leur faciliter la tâche, poursuivie par son vindicatif de mari, marseillais d’origine !

Ajoutez à cela un militaire libidineux flanqué d’une épouse sourde comme un pot, de passage dans le même hôtel (qui pour être chic n’en est pas moins de passe) et l’atmosphère vire au chaud, et même au bouillant. Avec des partenaires à point, qui n’attendent que la première occasion pour croquer le fruit. Juste retour des choses, les femmes ne sont pas les dernières dans cette course à la gaudriole.

Bien sûr, on a connu des Feydeau plus subtils et des mises en scène moins appuyées. Mais on a connu aussi des comédiens moins investis dans leur(s) rôle(s). Au Déjazet, ceux-ci compensent cela.

Le Dindon
Paris Du 04/12/2019 au 31/12/2019 à 20h30 Théâtre Dézajet 41 Boulevard du Temple 75003 Téléphone : 0148875255. Site du théâtre

Matinée les samedi à 16h45

Réserver  

Le Dindon

de Georges Feydeau

Théâtre
Mise en scène : Anthony Magnier
 
Avec : Anthony Magnier, Xavier Martel, Laurent Paolini, Julien Renon, Magali Genoud, Delphine Cogniard, Marie Le Cam

Adaptation et scénographie : Anthony Magnier
Lumières : Stephane Balny
Costumes : Melisandre de Serres

Durée : 1h30 Photo : © Compagnie Viva

Comparer : version Guy Simon ( http://www.ruedutheatre.eu/article/2235/le-dindon/ )

                 version Fanny Sidney ( http://www.ruedutheatre.eu/article/1455/le-dindon/ )

                 version Thibaut Neve ( http://www.ruedutheatre.eu/article/538/le-dindon/ )

                 version Fred Tournaire ( http://ruedutheatre.info/ 8 novembre 2006 )