Une Femme se déplace
Noël TINAZZI Paris
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Publié le 12 décembre 2019
Avec «Une femme se déplace», David Lescot signe une comédie musicale futuriste et rétro, fable moderne sur l’émancipation féminine. En vedette la survitaminée Ludmilla Dabo.

Un téléphone portable comme machine à voyager dans le temps, il fallait y penser ! David Lescot, auteur, comédien, metteur en scène et musicien, l’a fait dans cette comédie musicale à la fois futuriste (sans excès) et délicieusement rétro, avec un parfum de Jacques Demy et de musical hollywoodien. Passé maître dans le genre depuis La Commission centrale de l’Enfance (en 2009), il a pour vedette Ludmilla Dabo, véritable bête de scène, avec qui il a réalisé au début de l’année Portrait de Ludmilla en Nina Simone. L’actrice et chanteuse incarne Georgia, trentenaire moderne hyperactive. Elle est de toutes les séquences de ce spectacle tonique joué, chanté, dansé par une troupe virevoltante d’une douzaine de comédiens accompagnés par un quatuor de musiciens présents en fond de scène, discrets derrière un rideau de tulle.

Georgia déjeune ultralight dans «un restaurant à concept» avec son amie Axelle. Prof de littérature à l’université, mariée avec enfants, elle aime son travail, sa famille, sa vie. Mais dès le moment où elle a exposé son bonheur à sa copine, le sort lui inflige une cascade de démentis sous forme de catastrophes (familiales, matérielles, professionnelles) qui lui arrivent via le téléphone portable. En panne de batterie, croyant avoir affaire à une prise de téléphone, elle branche son portable dans la buse du brumisateur de table et fait tout disjoncter. Elle découvre alors avec stupeur que cette méprise lui donne le pouvoir de voyager dans sa propre vie, passée et même à venir.

Programme chargé

Avec l’assistance d’une énigmatique voisine de table, qui a vécu la même aventure et a appris à contrôler ses voyages intra-biographiques, Georgia use (et abuse) alors du procédé. Et de se revivre des moments-clés de sa vie. Cette nouvelle faculté, dont elle explore les potentialités, lui donne envie de changer son mode d’existence. En commençant par laisser tomber le modèle conjugal et familial traditionnel. On suit donc donc les étapes de cette émancipation au programme chargé, un peu conceptuel. Les pulsions les plus inavouables y font surface et le thème de la dette sur quoi se fondent les relations familiales et amoureuses joue un grand rôle.

David Lescot manie la rime et les dialogues chantés avec naturel et légèreté. Ses refrains du plus mélancolique au plus gai, coulent avec fluidité, même sur les sujets et objets les plus inattendus. Le fonctionnement d’un GPS, l’inventaire des objets lors d’une saisie par huissier, les chargeurs de téléphone ... tout devient matière à divertissement dans ce spectacle à numéros jazzy ou rap qui dépassant les deux heures a pour seul défaut d’être un poil trop long.

A noter : dans le même Théâtre des Abbesses, est repris le Portrait de Ludmilla en Nina Simone, créé l’hiver dernier avec grand succès à l’Espace Cardin. Un double portrait, en réalité, puisqu’il s’agit aussi de celui de la comédienne Ludmilla Dabo qui interprète la fameuse chanteuse de blues, David Lescot l’accompagnant sur scène à la guitare (du 13 au 21 décembre). 

Paris Du 11/12/2019 au 21/12/2019 à 20h Théâtre des Abbesses 31 rue des Abbesses Téléphone : 01 42 74 22 77 . Site du théâtre

Les 27 et 28 février au Théâtre de Sète, scène nationale de Sète et du bassin de Thau

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Une Femme se déplace

de David Lescot

Spectacle musical
Mise en scène : David Lescot
 
Avec : Candice Bouchet, Elise Caron, Pauline Collin, Ludmilla Dabo, Marie Desgranges, Matthias Girbig, Alix Kuentz , Emma Liégeois, Yannick Morzelle, Antoine Sarrazin, Jacques Verzier. Et les Musiciens Anthony Capelli, Fabien Moryoussef, Philippe Thibault, Ronan Yvon

Texte et musique : David Lescot
Chorégraphie : Glysleïn Lefever
Direction musicale : Anthony Capelli
Collaboration artistique : Linda Blanchet
Scénographie : Alwyne de Dardel
Costumes : Mariane Delayre
Lumières :
Paul Beaureilles
Son : Alex Borgia

Durée : 2h15 Photo : © Christophe Raynaud de Lage