Des caravelles et des batailles
Michel VOITURIER Avignon
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Publié le 21 juillet 2019
Où sommes-nous ? Quelque part ailleurs. Quand cela se passe-t-il ? Dans un temps incertain et lui-même indéfinissable. Quelles activités pratique-t-on ? Celles susceptibles d’être une occupation apportant une satisfaction éventuelle. Comment fonctionne ce microcosme ? À travers les paroles prononcées par les protagonistes vivant bénévolement une vie à vivre là où on est, ensemble et seul.

Le plateau est entouré de tentures noires. Quelque part dans l’espace est planté, un peu en oblique,  un arbre-colonne destiné à soutenir un plafond. Au lointain aussi bien que côté cour et jardin, des sorties débouchant vers quelque part. Au cœur de cet endroit inconnu vivent des individus qui vaquent à des occupations diverses plus ou moins définies.

Ici tout est particulièrement serein. Une sorte de secteur utopique. Les règles indéfinies sont respectées d’un commun accord. Aucune hiérarchie ne semble structurer cette communauté où chacun est sempiternellement curieux de découvrir et de partager des impressions, des sensations. Il n’est apparemment pas question d’argent.

Les individus ne cessent de se croiser, de partir dans diverses directions et de revenir ici même là où ils ne cessent de se croiser. Le passé est peu évoqué. Le présent est sans conteste toujours présent. L’avenir n’est guère envisagé, du moins en tant qu’objectif précis à atteindre.

Du coup, tout est devenu étrange en devenant aussi très familier. Le public suit donc les propos des protagonistes qui lui décrivent jusque dans le moindre détail des choses et des situations invisibles mais tellement présentées avec minutie qu’on pense bien les voir en même temps qu’eux. Car cet univers là existe bel et bien puisque certains êtres débarquent pour s’adjoindre aux habitants déjà installés.

C’est un monde où on veut « avancer jusqu’aux portes de la vie ». C’est un monde absurde. Pas angoissant comme chez Kafka ou Gilliam. Pas délirant comme chez Ionesco. Pas en attente métaphysique comme chez Beckett. Pas débridé comme chez Lewis Caroll. Pas infantile comme chez les Bisounours. Il est obligeamment absurde au point de susciter des rires libérateurs. Pas moqueurs, pas provocateurs, pas cyniques, pas accusateurs, pas avilissants. De vrai rires, quoi.

D’ailleurs, ce lieu, je crois bien que je vais y retourner. Et d’ailleurs, c’est sûr, les comédiens sont là, sur le plateau, regardez-les, ils guettent avec gentillesse et un parler serein, avec une conviction désarmante, celle ou celui qui, passant par là, les rejoindrait.

Avignon - Avignon Off Du 05/07/2019 au 27/07/2019 à 17h Théâtre des Doms 1bis, rue des Escaliers Sainte-Anne. Téléphone : 04 90 14 07 99. Site du théâtre Réserver  

Des caravelles et des batailles

de Collectif

Théâtre
Mise en scène : Eléna Doratiotto, Benoît Piret
 
Avec : Salim Djaferi, Eléna Doratiotto, Gaëtan Lejeune, Anne-Sophie Sterck, Benoît Piret, Jules Puibaraud

Assistanat mise en scène: Nicole Stankiewicz
Scénographie : Valentin Périlleux
Regard scénographique, costumes : Marie Szernovicz
Création lumière/régie générale : Philippe Orivel
Régisseur plateau : Clément Demaria

Durée : 1h40 Photo : © Hélène Legrand  

Production :  Wirikuta ASBL.
Coproduction
: Festival de Liège | Mars-Mons Arts de la Scène | Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine | Maison de la Culture de Tournai | La Coop asbl.
Aide : Fédération Wallonie-Bruxelles - Service du Théâtre (CAPT).
Soutien : MCA Recycling sprl et du Tax-shelter du gouvernement fédéral belge | Théâtre Varia | La Chaufferie-Acte1 | Zoo Théâtre | Raoul Collectif.
Accompagnement : L'L - Structure expérimentale de recherche en arts vivants (Bruxelles).