Barbaresques (Ne sors plus de chez toi)
Michel VOITURIER Valenciennes
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Publié le 4 février 2019
Musique, danse, poésie, vidéo : un cocktail insolite qui s’efforce d’exprimer un malaise sociétal latent, lui-même perceptible dans nos sociétés. À savoir un mal être lié aux conditions économiques et au manque de vraie liberté. Un malaise qui pousse à l’exil.

Le déséquilibre qui règne entre pays riches et nations pauvres ne cesse d’engendrer tensions, espoirs utopiques, échecs douloureux, méfiances locales, impuissance démocratique. « Barbaresques » évoque cela non en racontant une histoire selon une narration classique. C’est une pièce à recevoir comme la contemplation d’une toile abstraite, en n’y cherchant pas des repères  logiques de chronologie, des enchaînements d’actions menant vers une analyse rationnelle.

L’essentiel est dans la sonorité d’une langue qui est davantage rythmée qu’informative, dans la musique qui la soutient et l’accentue, dans les images qui défilent sous l’aspect de coloris et de formes, dans une gestuelle qui rend au corps une présence spatiale et une énergie issue de l’intérieur. Sans avoir nécessairement besoin de savoir (même si cela facilite l’entrée dans la représentation) qu’Arm est ici un expatrié comme le sont Taya une mondialiste du Nord, Aziz un mondialiste du Sud à l’instar de Sofiane traditionnaliste nanti ou d’Andreia traditionnaliste démunie.

Le décor sert d’écran au défilé des évocations plastiques. Il a l’apparence d’un échafaudage sur lequel il est souhaitable de grimper pour regarder au-delà du territoire étriqué de l’environnement immédiat. Il est aussi suffisamment neutre afin d’être évocateur de lieux autres, refuges ou habitats, concentrations urbaines ou terrains vagues.

La musique inclassable d’Arm et Gaël Desbois se décline du planant répétitif à des moments de plus d’aspérités. Elle dynamise les chorégraphies que la troupe investit avec un engagement physique sans réserve. Cela tient du hip-hop mais aussi d’emprunts à des innovations corporelles auxquelles la danse contemporaine a habitué les publics. Cela va au-delà de la performance, d’autant que les danseurs ont aussi à s’emparer des paroles écrites par Jousserand.

Celles-ci sont scandées, forcément et affectionnent les énumérations. Elles sont ponctuées d’ellipses. Elles se parent de quelques métaphores. Elles ne s’embarrassent guère de fioritures. Leur intégration à la partition musicale fait qu’on n’en retient que des bribes. Mais peu importe puisque  « Les chansons qu’on oublie n’ont jamais existé » et que « Les souvenirs sont des morceaux de plastique flottants.»  Ce qui reste trotte alors dans les têtes : « Je n’avais pas craint de partir comment aurais-je pu avoir peur d’arriver ? » car « Ceux qui s'en vont coupent les amarres», même et peut-être surtout dans la mesure où  « rien n’est fiable, surtout les papiers ».

Dès lors, appartenir à une époque qui engendre des épopées dramatiques, «entre mythe et mythomane» fait que  « L’histoire n’engage que ceux qui y croient » et indubitablement toute la troupe a foi dans ce qu’elle a entrepris avec ce projet de(a)nse.

Valenciennes Du 29/01/2019 au 30/01/2019 à 20h Le Phénix BP 39-F-5931 Valenciennes Cedex Téléphone : 03 27 32 32 32. Site du théâtre Réserver   Rennes Du 07/03/2019 au 08/03/2019 à 14h 20h30 Le Diapason Campus de Beaulieu Allée Jules Noël Téléphone : 02 23 23 55 68 . Site du théâtre Réserver  

Barbaresques (Ne sors plus de chez toi)

de Félix Jousserand

Musique et danse Théâtre
Mise en scène : Christophe Piret
 
Avec : Andreia Afonso, Sofiane Chalal, Aziz El Youssoufi, Taya Skorokhodova (danseurs), ARM (rappeur)

Assistanat mise en scène : Anne Lepla
Chorégraphie : 
Karim Zaoui
Création vidéo
: Guick Yansen, Pierre Hubert
Régie vidéo : William Schmidt
Création musicale : Gaël Desbois, Arm
Création lumière : Erika Sauerbronn
Régie son : Olivier Lautem, Spike
Régie générale, régie lumière : Erika Sauerbronn
Technique : Alexis Lemaire, Philippe Colpin

Durée : 1h15 Photo : © DR  

Production : Théâtre de Chambre – 232U en collaboration avec Secteur 7
Coproduction :  Le Manège (Maubeuge), le Phénix (Valenciennes)

Soutiens spécifiques: Valenciennes Métropole, Conseil régional Hauts-de-France, Ministère de la Culture  et de la Communication, Le Channel (Calais), Teatro Delle Ariette (Valsamoggia, Italie)
Soutien : Institut Français, SPEDIDAM département du Pas-de-Calais
Partenariat : Théâtre Régional de Bejaia / Algérie, Culture Commune scène nationale du bassin minier du Pas-de-Calais, Le Flow centre Eurorégional des Cultures urbaines (Lille)
Conventions
:  DRAC Hauts-de-France, région Hauts-de-France, Agglomération Maubeuge Val de Sambre, ville d’Aulnoye-Aymerie, départements du Nord et du Pas-de-Calais