Michel VOITURIER Bruxelles
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Publié le 3 janvier 2019
Guère de paroles. Essentiellement des mouvements, des gestes, des déplacements, du rythme. Assez pour suggérer une flopée d’actions qui se déroulent simultanément dans une cour de récré d’école primaire.

Postulat : la cour serait l’inverse de la classe. Dans celle-ci, discipline, ordre, rigueur, immobilité. Dans celle-là, dispersion, mouvement, anarchie, imagination, liberté. Proposition : un musicien et trois danseurs pour donner libre cours (bien que toute leur agitation soit travaillée et mise au point) à des situations qui sont autant d’occasions de rencontres entre des écoliers ayant soudain l’impression d’être libérés du carcan de la classe où l’attention se doit d’être concentrée.

Démonstration : la multiplicité des évènements qui dévoilent quantité de contacts. Ils seront ludiques et souriants, tendus et parfois frisant le conflit violent, tendres avec ce qu’il peut y avoir de chaleur dans l’amitié et de potentialité dans l’attirance vers l’autre. Ils seront souples et déliés pour les connivences. Ils prendront des aspects davantage anguleux et énergiques lors d’affrontement ou de provocation.

Le spectacle ne s’attarde pas tellement sur des incidents anecdotiques comme l’enjeu d’un emballage de friandise mal partagée, une tresse vivement tirée, une bousculade provocatrice qui frôlerait la bagarre. Il tend à se présenter à la façon d’un catalogue de figures dansées. À ce point de vue-là, il prouve combien les variations sont considérables. Solo, duo, trio s’enchaînent. Travail à la verticale ou à l’horizontale du sol. Élans ou replis alternent dans un évident souci de maintien de l’attention d’un public qui a tendance à tenter de faire coïncider ce qu’il voit et les images qu’il imagine.

D’où sans doute une impression vague d’abstraction, d’incertain ayant abandonné la narration au profit de la justification. Ce qui provoque par instants des baisses d’attention du jeune public habitué aux clips, aux films d’action, au zapping télé. La connivence entre le percussionniste et les danseurs reste néanmoins forte et leur présence à quatre remplit un plateau qui ressemble à un grand bac à sable aux limites précises sur quoi on desssine avec les doigts et dans lequel priment l’amusement, le plaisir d’avoir un corps bien vivant.

10 : 10
Bruxelles (Saint-Gilles) - Noël au Théâtre - Belgique Le 27/12/2018 à 16h Centre Culturel Jacques Franck Chaussée de Waterloo, 94 Téléphone : +32 (0) 2 538 90 20. Site du théâtre Réserver   Liège - Belgique Du 16/02/2019 au 17/02/2019 à 15h Centre culturel des Chiroux 8 place des Carmes Téléphone : 04.223.19.60. Site du théâtre Réserver  

10 : 10

de Caroline Cornélis & la troupe

Danse - à partrir de 6 ans Jeune Public
Mise en scène : Caroline Cornélis
 
Avec : Julien Carlier, Colin Jolet, Agathe Thévenot, Tom Malmendier

Direction musicale : Claire Goldfarb
Regard dramaturgique : Isabelle Dumont
Création lumières : Frédéric Vannes
Scénographie : Anne Mortiaux
Costumes : Aline Breucker
Compagnonnage philosophique : Gilles Abel

Soutien : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Service de la danse, Théâtre de Liège, Théâtre de la Montagne Magique, Les Chiroux  (Liège), Théâtre de Namur
Accompagnement : Grand Studio, Ad Lib
Résidence administrative : Centre culturel Jacques Franck

Durée : 50' Photo : © Nicolas Bomal  

Diffusion et accompagnement : Ad Lib - Anna Giolo
Production : Compagnie Nyash
Coproduction : Charleroi Danse

Mention du jury des Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy 2018 pour la clarté du dialogue chorégraphique et musical