Noël TINAZZI Paris
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Publié le 11 octobre 2018
« Le Banquet », sorte de comédie musicale de Mathilda May sur un banquet de noces où l'on festoie dans l’espace restreint d’un chapiteau. Sans paroles mais avec beaucoup d’onomatopées, de bruitages, de musiques, de danses… et d’excès en tous genres.

Après Open Space, situé sur un plateau de travail (en 2014), Mathilda May récidive avec une comédie musicale sans paroles articulées mais avec force onomatopées, gags sonorisés et numéros dansés et chantés. Un genre qui n’appartient qu’à elle et qui observe un groupe de personnes qui ne se connaissent pas forcément, contraintes de cohabiter et de festoyer ensemble, bloquées dans un espace restreint. En l’occurrence, il s’agit d’un chapiteau planté dans un jardin pour abriter un banquet de noces.

Une dizaine d’acteurs/danseurs/chanteurs, dont certains jouent plusieurs rôles - soit une bonne quinzaine de personnages en tout -, se lancent à corps perdu dans ces noces du meilleur et du pire, dans un noir et blanc intemporel d’abord puis dans une explosion de couleurs kitsch hollywodiennes. Seule leur gestuelle et leurs intonations permettent de comprendre de quoi il retourne. En voyeur un peu gêné par un tel déballage, le spectateur assiste à cette soirée copieusement arrosée où le champagne et la vulgarité coulent à flots. Et où l’on passe en un clin d’œil du burlesque au tragique.

D'emblée le territoire de la fête est miné, semé d’embûches, de trous et de bosses, sources inépuisables de gags (parfois répétitifs) : la grande table sur laquelle est servi le buffet se dresse sur un petit monticule, et c’est à chaque fois un numéro d’escalade pour y accéder, suivi d’une glissade dans l’autre sens, exercices où chacun s’essaye avec plus ou moins de grâce. Au centre de la fête, il y a bien-sûr les mariés : elle un peu écervelée en grande robe immaculée (elle ne le restera pas longtemps, arrosée de sang, de sueur, de vomi et autres déjections…), lui incorrigible Don Juan à la main baladeuse.

Autour de ce couple, de plus en plus improbable au fur et à mesure que la soirée avance, gravite une cohorte de personnages plus ou moins pittoresques, pour ne pas dire caricaturaux : la grosse dame fellinienne qui trimballe un chihuahua hargneux, l'adolescent obèse tête-à-claques, le DJ hystérique, le père du marié toujours prêt à faire des discours soporifiques, la mère de la mariée aguicheuse et saoule, bien décidée à ne pas rentrer bredouille, etc. Entre les numéros dansés et chantés où tout le monde se défoule et les projections de diapos compromettantes pour les mariés, surgit de temps à autre un homme mystérieux et mutique, sorte de trouble-fête à la mine patibulaire, ange maléfique annonciateur de lendemains qui déchantent.

On s'esclaffe de bon cœur mais le spectacle gagnerait à être resserré et l’on se lasse de certains gags un peu trop appuyés. 

Le Banquet
Paris Du 10/10/2018 au 10/11/2018 à 21h Théâtre du Rond-Point 2 bis, av Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris Téléphone : 01 44 95 98 21. Site du théâtre Réserver  

Le Banquet

de Mathilda May

Spectacle musical
Mise en scène : Mathilda May
 
Avec : Sébastien Almar, Roxane Bret, Bernie Collins, Jérémie Covillault, Lee Delong, Stéphanie Djoudi-Guiraudon, Arnaud Maillard, Françoise Miquelis, Ariane Mourier, Tristan Robin

Assistanat à la mise en scène : Grégory Vouland
Décor : Jacques Voizot
Lumières : Laurent Béal
Son : Guillaume Duguet
Costumes : Valérie Adda
Vidéo : Nathalie Cabrol

Durée : 1h45 Photo : © Cittadini Cesi