Michel VOITURIER Tournai
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Publié le 26 mai 2018
Lorsque l’argent est le moteur de l’existence, celle-ci a besoin de beaucoup de carburant. Au détriment de toutes les autres valeurs. Kelly raconte cela à travers une histoire qui commence par son dénouement.

Les personnages de Kelly appartiennent à cette catégorie de gens (mais n’est-ce pas la majorité ?) qui se posent des questions sur les valeurs constituant une société humaine mais pour y répondre par des faux-fuyants qui servent d’excuses à leur transgression de ces valeurs. Cela au nom d’une valeur matérielle absolue : l’argent.

C’est vrai pour David qui préfère se payer une bagnole et se débarrasser d’une épouse qu’il est prêt à quitter. C’est vrai pour lui, encore, qui accepte un travail sans intérêt pour un salaire même minimal et finit par se retrouver trader. C’est patent pour ce couple qui massacre un monument funéraire somptueux  d’un riche Grec faisant de l’ombre à la petite pierre tombale de leur fille. C’est problématique chez cet organisateur de spectacles qui troquerait contrat contre canapé.

De la fin de l’histoire (premier tableau) – la non-assistance d’une épouse en train de se suicider afin de profiter de sa mort en vue d’avoir la possibilité dé s’offrir une voiture de luxe –, jusqu’à son origine (tableau final), c’est d’abord un texte très bavard qui dessine le noir portrait d’une série de personnages. Ce sont souvent des monologues, même s’ils se déguisent en dialogues. Les phrases se succèdent aux phrases. On en perd parfois le fil. Surtout quand l’interprétation cavale entre les mots comme pour en avoir plus vite terminé.

La mise en scène n’ajoute pas grand-chose à un verbiage qui faisait totalement défaut à une autre pièce du même auteur, « Orphelins ». Ici, trop de raisonnements étirés tentant de convaincre le locuteur plus que celui qui l’écoute. Bien peu de visuel en dehors des changements de costumes et du massacre d'une icone.

Le décor sauve la mise en captant l’attention grâce à la diversité des lieux évoqués et aux éclairages qui renouvèlent les atmosphères. Et l’intervention d’un chanteur parodiant Joe Dassin n’est qu’un bref moment de diversion. La démonstration construite par Kelly en perd une partie de sa pertinence.

Love & Money
Tournai - Belgique Du 23/05/2018 au 24/05/2018 à 20h Maison de la Culture Esplanade George Grard, boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai Téléphone : +32 (0)69 25 30 80. Site du théâtre Réserver  

Love & Money

de Dennis Kelly

Théâtre
Mise en scène : Julien Rombaux
 
Avec : Sarah Espour, Gwendoline Gauthier, Sarah Lefèvre, Magali Pinglaut, Cédric Coomans et Philippe Grand'Henry

Assistanat à la mise en scène : Alexis Garcia |
Lumières : Xavier Lauwers
Scénographie : Marilyne Grimmer
Création de costumes: Annabelle Locks 
Assistante costumes: Anna Terrien
Stagiaires costumes : Bleuenn Brosolo, Marie Baudoin

Durée : 1h40 Photo : © DR  

Coproduction : Théâtre de Poche (Bruxelles),  Théâtre de l'Ancre (Charleroi),  Maison de la Culture de Tournai.
Aide : Fédération Wallonie - Bruxelles – Service du Théâtre et de Shelterprod, Taxshelter.be, ING et du Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge

Comparer : http://www.ruedutheatre.eu/article/2313/orphelins/

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