Michel VOITURIER Enghien
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Publié le 31 janvier 2018
Adèle, architecte de marine, revient sur des lieux d’enfance. Ceux vécus avec la vieille Maria qui lui a beaucoup donné. Mais Maria est morte et c’est dans les souvenirs qu’Adèle prend le large pour juger sa vie de femme rebelle.

C’est un seul-en-scène. Pourtant, il y a des personnages qui défilent. Disparus peut-être hors du réel, cependant tellement présents dans l’imaginaire de la jeune femme qui remonte le cours de son existence, fait le point en vue de retrouver ses repères, de savoir qui elle est.

Alors elle parle. Elle se parle à elle-même. Elle parle d’elle. Elle parle également avec les paroles des autres. Elle nous parle. D’elle et de nous. Tout est mélangé dans le grand désordre de la mémoire. Mais tout s’agence pour nous dire avec force et tendresse la traversée d’une femme qui ose affirmer quelle personne elle est. Et nous écoutons dans un climat d’embruns, de ressac, de vents…

Du coup, il est question d’odeurs, de sensualité. Car s’il y a ce qui bouillonne dans l’esprit, il y a tout ce que le corps ressent, affronte, apprivoise. La vie est plurielle. Elle multiplie les occasions de petits bonheurs, de grands plaisirs autant, probablement, que les ennuis et les déceptions.

Gamine, Adèle a ramené dans les filets de ses lectures, le personnage historique d’Anne Bonny, une pirate de jadis qui a tout quitté pour suivre un boucanier de renom, qui a bravé les lois et les qu’en-dira-t-on. Elle se voit volontiers comme elle, bravant les conventions et les tabous, surtout s’ils s’avèrent sexistes.

Il est question d’absence – celle du père par exemple – mais aussi de celle qui deviendra présence (l’enfant de la femme enceinte qui accouchera), de l’absence essentielle car définitive, celle de la mort. Mabardi a écrit un texte qui, comme la plupart de ses dernières créations, s’ancre dans l’humain. Dans le concret de l’existence. Nous nous y retrouvons d’autant mieux qu’Agathe Détrieux nuance sans cesse son interprétation vocale et corporelle. Rien d’outrancier, ni de caricatural. Tout nourri de la richesse intérieure qui l’habite.

Adèle
Enghien - Belgique Le 20/01/2018 à 20h30 Maison Jonathas 7 rue Montgomery Téléphone : 02 396 37 89 . Site du théâtre Réserver  

Adèle

de Veronika Mabardi

Seule-en-scène Théâtre
Mise en scène : Patricia Houyoux
 
Avec : Agathe Détrieux

Scénographie : Chloé de Wolf (Marvayus)
Assistanat : Laure Tourneur
Création lumière : Renaud Ceulemans

Durée : 55' Photo : © Alice Piemme

Lire : Veronika Mabardi, Adèle, Carnières, Lansman, 2016, 40 p.

Compléter : Les Cerfs, Noville-sur-Mehaigne, Esperluète, 2014, 284p. (Prix triennal de Tournai 2017)

                  http://areaw.org/veronika-mabardi-les-cerfs

                  Loin de Linden, Carnières, Lansman, 2014, 64 p.

                  http://ruedutheatre.eu/article/2640/loin-de-linden/