Le syndrome de Walt
Michel VOITURIER Bruxelles
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Publié le 23 décembre 2017
Les stéréotypes contenus dans les contes ont la vie dure. Ils drainent avec eux des images sociétales qui arrangent bien la tranquillité des institutions car ils véhiculent des façons d’envisager l’existence qui ne mettent pas en péril l’équilibre social précaire réglant les rôles des hommes et des femmes, leur conduite quotidienne, leur soumission à des valeurs morales présentées immuables.

Les stéréotypes contenus dans les contes ont la vie dure. Ils drainent avec eux des images sociétales qui arrangent bien la tranquillité des institutions car ils véhiculent des façons d’envisager l’existence qui ne mettent pas en péril l’équilibre social précaire réglant les rôles des hommes et des femmes, leur conduite quotidienne, leur soumission à des valeurs morales présentées immuables.

Les analystes ont beau faire, pas grand chose ne change. Même si la réalité du monde a évolué. Toute une production de masse s’y emploie. Des romans dits de gare à certains best-sellers, des séries télévisées  aux films étiquetés romantiques. De la mise en valeur de faits divers aux potins de la presse people.

Afin de souligner ce qui différencie la réalité de la fiction conventionnelle, le Théâtre loyal du Trac utilise un moyen efficace, celui de la parodie. Sans doute n’est-ce pas nouveau. Néanmoins cela permet non seulement beaucoup de fantaisie mais aussi de décaper les poncifs. Notamment ceux rendus célèbres par les versions cinématographiques de Walt Disney.

D’abord en en montrant le ridicule et la naïveté. Ainsi en va-t-il de l’image du Prince Charmant. Ensuite en fissurant les façades convenues des relations humaines. Voilà ce que révèle Grincheux, le nain, à Blanche Neige. Le problème des physiques avantageux qui font les séducteurs et les séductrices se soumettant à la mode modelant les corps, il est évoqué via la chirurgie esthétique jusqu'à aboutir à la petite sirène d’Andersen et aux poupées Barbie.

Quant aux pouvoirs bénéfiques qui permettent dans l'imaginaire de régler sans effort les problèmes quotidiens, voici la carpette volante refusant de s’envoler et donc envoyée au… tapis ! Par contre, une histoire qui véhicule une part de vérité philosophique en met plein la vue à celui qui la considère en sceptique. C’est ce que rappelle le Petit Prince. Il faut bien avouer que nous voici à mille lieues des contes d’autrefois et que Disney avait refusé d’en faire un film.

Cette succession de sketches est réunie par la présence d’un psychanalyste surgissant de manière récurrente comme un skate board sur sa chaise de bureau. Car on sait, depuis Freud et Bettelheim, combien les contes appartiennent à l’inconscient collectif et influencent celui des individus.

Pour faire défiler tous ces personnages et leurs comparses qui se succèdent sans discontinuer, ils sont trois à se déguiser, à caricaturer, à emprunter les accessoires les plus divers, à chanter, à grimacer, à sauter d’un rôle à un autre. Peut-être ne sont-ils pas assez généreux à certains moments, peut-être tous les traits d’humour ne se valent-ils pas tous mais la pochade est plaisante. Et on s’amuse dans la salle comme les interprètes s’amusent sur le plateau à travers un jeu qui ne néglige jamais les possibilités expressives du corps.

Bruxelles - Belgique Du 14/12/2017 au 31/12/2017 à 20h30 me 19h Centre Culturel des Riches-Claires rue des Riches-Claires, 24, 1000 Bruxelles Téléphone : +32(0)2 5482580. Site du théâtre Réserver  

Le syndrome de Walt

de Cécile Delberghe, Eric De Staercke

Théâtre
Mise en scène : Eric De Staercke
 
Avec : Cécile Delberghe, Simon Hommé, Benjamin Torrini

Assistanat à la mise en scène: Joséphine De Renesse
Musique : Eloi Baudimont
Costumes
Raphaëlle Debattice
Création lumière : Frédéric Delhaye, Benoît Guilbert
Décors Benoît Cogels
Graphisme
Lara Denil
Stagiaiares communication : Marie Quirynen, Pierre Thiry

Durée : 1h20 Photo : © Chris Weiner  

Production :Théâtre Loyal du Trac