Noël TINAZZI Paris
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Publié le 27 octobre 2017
L’Opéra Bastille repend la production de « Falstaff », dernier opéra de Verdi, créée en 1999 par Dominique Pitoiset. Avec une distribution entièrement renouvelée qui donne à la farce lyrique toute son alacrité.

Ce n’est pas sans nostalgie que Dominique Pitoiset revient, dans le programme de « Falstaff », sur  sa mise en scène de 1999 : « une production du siècle passé avec son esthétique très éloignée de mes projets actuels ». Une production qu’il redécouvre pour cette reprise « comme une vieille bande dessinée laissée sur une étagère, avec beaucoup de plaisir ».

De plaisir, en effet, ce « Falstaff » ne manque pas. Pleine de verve et d’allant, la comédie lyrique, composée en 1893 par Verdi qui s’accordait « le droit de rire un peu » à quatre-vingts ans, balance entre fantaisie et réalité, entre bouffonnerie et fatalisme. Très réussie, la scénographie place cette adaptation des « Joyeuses commères de Windsor » de Shakespeare dans un contexte urbain et bourgeois du début du XXème siècle. Nous sommes dans une rue de Windsor avec ses immeubles de brique et sa faune pittoresque de marchands et de quidams où tout le monde se mêle de tout.

Condensée par rapport à Shakespeare, l’action se focalise sur un obèse vantard, sir John Falstaff, vieux gentilhomme ruiné qui compte se refaire grâce à deux riches marchandes, Alice Ford et Meg Page, qu’il croit sous son charme. Or c’est tout le contraire qui va se produire : avec l’aide d’une troisième larronne, Mrs Quickly, les deux commères vont rouler le gros ventru dans la farine. Et même l’envoyer avec un baquet de linge sale dans la Tamise ! En contrepoint, un charmant jeune couple d’amoureux, Nanette et Fenton, verront leur romance aboutir.

Tout est farce

Le chef italien Fabio Luisi mène avec beaucoup d’alacrité l’orchestre et les chœurs (très présents) de l’Opéra de Paris. Subtile, sans les grands éclats caractéristique de Verdi, la partition reprend les formes traditionnelles de l’opéra, avec un savant dosage d’airs, de duos, et d’ensembles, en les fondant dans une sorte de conversation musicale raffinée annonciatrice de la modernité du XXème siècle.

La distribution, entièrement renouvelée, est dominée par le baryton gallois Bryn Terfel, force de la nature et clown né, très à l’aise avec le rôle du gros bouffon pour l’avoir interprété sur les grandes scènes du monde. Deux voix féminines se distinguent pour lui donner la réplique, la soprano polonaise Aleksandra Kurzak en Alice Ford et Julie Fuchs en Nanette.

Toute la troupe et les chœurs se rejoignent au Finale dans une figue éblouissante où ils vocalisent sur la moralité de cette farce musicale : « Tout dans le monde est farce… Tout mortel se moque de l’autre ».

Falstaff
Paris Du 26/10/2017 au 16/11/2017 à 19h30 Opéra Bastille 130, rue de Lyon Téléphone : 08 92 89 90 90. Site du théâtre Réserver  

Falstaff

de Giuseppe Verdi

Opéra
Mise en scène : Dominique Pitoiset
 
Avec : Bryn Terfel, Franco Vassallo, Francesco Demuro, Graham Clark, Rodolphe Briand, Thomas Dear, Aleksandra Kurzak, Julie Fuchs, Varduhi Abrahamyan, Julie Pasturaud

Direction musicale : Fabio Luisi

Décors : Alexandre Beliaev

Costumes : Elena Rivkina

Lumlières : Philippe Albaric, adaptées par Christophe Pitoiset

Chef des choeurs : José Luis Basso

Durée : 3h Photo : © Sébastien Mathé