Solstice
Noël TINAZZI Paris
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Publié le 25 septembre 2017
Dans « Solstice », la chorégraphe Blanca Li exalte en tableaux plus ou moins spectaculaires les beautés de la nature. Et les dangers que lui font courir l’espèce humaine.

Après les robots, Blanca li s’intéresse à l’écologie. Suite logique, selon elle, aux créatures artificielles d’il y a quatre ans, son dernier spectacle, « Solstice », se veut une ode à la nature et un signal d’alarme sur les équilibres naturels. Le solstice est la période de l’année où le soleil est au plus haut ou au plus bas. Entre ces deux pôles, l’un lumineux, l’autre très sombre, elle exalte en tableaux variés, organiques, les beautés de la nature et les ivresses qu’elles procurent, et, par contraste, pointe les désastres infligés par l’imprévoyance humaine.

La chorégraphe espagnole n’en reste pas moins très high-tech. Efficace, spectaculaire, le dispositif scénique permet de figurer tour à tour les quatre éléments naturels, la terre, le ciel, l’eau, le feu, via un grand vélum souple qui surplombe la scène et qui est constamment en mouvement. Sur ce support mouvant le vidéaste Charles Carcopino projette des images qui créent des ambiances différentes et habillent parfois les danseurs.

Saisissant

Vêtus de maillots ajustés (en textiles naturels ?), les quatorze danseurs forment une troupe soudée, animée par un mouvement perpétuel avec quelques (trop) rares solos. Familier de la chorégraphe, le compositeur Tao Gutierrez a conçu une musique pour percussions et cordes à consonances africaines, superbement interprétée et chantée sur scène par Bachir Sanogo.

La chorégraphie, très illustrative, manque de rigueur et on ne sait pas toujours de quoi elle parle au juste. Mais elle est servie par une troupe qui déborde d’énergie et il en reste quelques très beaux moments : le ballet des feuilles qui tombent; le déchaînement de l’ouragan contre lequel les danseurs prolongés de longs voiles blancs flottants luttent en vain; la fonte des glaciers avec les danseurs métamorphosés en blocs de glace. Ou encore, le dernier tableau, celui d’une terre noire, aride, infertile répandue sur le sol sur lequel la troupe se lance dans une danse du désespoir. Saisissant.

Avis aux amateurs: Blanca Li invite le public à passer le samedi 7 octobre en sa compagnie, à Chaillot. Toute une journée pour découvrir son monde, avec des échanges, des ateliers de pratique, une répétition ouverte de son spectacle…

Paris Du 21/09/2017 au 13/09/2017 à 20h30 Théâtre National de Chaillot 1 Place du Trocadéro 75116 Téléphone : 01 53 65 30 00. Site du théâtre Réserver   Bischwiller Du 21/09/2017 au 13/10/2017 MAC Robert Lieb 1 rue du Stade Téléphone : 03.88.53.75.00. Site du théâtre  

Solstice

de Blanca Li

Danse
Mise en scène : Blanca Li
 
Avec : Yacnoy Abreu Alfonso, Peter Agardi, Rémi Bénard, Jonathan Ber, Iris Florentiny, Julien Gaillac, Yann Hervé, Aurore Indaburu, Alexandra Jézouin, Margalida Riera Roig, Gaël Rougegrez, Yui Sugano, Victor Virnot

Scénographie, dramaturgie : Pierre Attrait

Vidéo : Charles Carcopino

Musiques : Tao Gutierrez

Lumières : Caty Olive

Costumes : Laurent Mercier

Durée : 1h30 Photo : © Nico Bustos