Michel VOITURIER Silly
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Publié le 3 septembre 2017
Benzine a écrit une fiction qui tente d’approcher comment une fille musulmane, élevée dans une famille croyante mais occidentalisée bascule un jour du côté de l’islamisme radical.

Étiqueté ‘roman’, le livre de Rachid Benzine raconte un échange épistolaire entre une jeune femme partie rejoindre le groupe ‘état islamique’ et son père, intellectuel musulman à la double culture. Il s’agit donc bien d’une fiction. Ceux qui espéraient une sorte de joute argumentaire amenant à la compréhension de ce que serait la vérité et à la victoire raisonnée d’un adversaire sur l’autre, ceux-là seront déçus.

L’essentiel des échanges entre le papa et son enfant part de leur amour filial réciproque. Ce qui motive leur correspondance est avant tout affectif. C’est aussi ce qui les rapproche. Car en ce qui concerne les interprétations du livre sacré et des pratiques qui en découlent, chacun demeure sur ses positions. Et s’il y a évolution de la perception de l’autre, c’est davantage l’évolution due aux événements extérieurs qui provoque une transformation du regard.

On comprend la douleur paternelle, son incompréhension face à une transformation reniant l’éducation donnée, son désarroi devant l’inefficacité du discours qu’il tient, sa désolation d’être désavoué par des confrères. On analyse l’enthousiasme de la militante qui est passé de l’intellectualisme à l’action en vue de changer le monde, l’endoctrinement effectué par le mari converti convaincu, l’aveuglement inhérent à l’amour.

Les lettres se succèdent. Les convictions s’affirment et se confrontent mais ni le géniteur, ni sa fille ne malmènent le fondement émotif qui les relie. Un pathétique en découle, montrant combien, malgré les divergences qui séparent, le lien familial reste intact. Seul le dénouement se pare d’un doute quant à sa vraisemblance. Nous sommes, faut-il le rappeler ?, dans un roman et l’importance symbolique de l’épisode conclusif vaut d’abord par le poids émotif qu’il comporte, bien plus que par le conflit idéologique qui l’a inspiré.

La sobriété efficace de la mise en scène de l’auteur, son travail vocal évitent tout pathos superflu. L’interprétation de Delphine Peraya est, elle aussi, tout en nuances, humaine, proche. Il est seulement dommage que l’acoustique d’une salle originellement pas destinée au théâtre ait empêché une partie du public d'avoir accès à la majorité des mots prononcés par les deux acteurs.

le 14 septembre 2017 à 10:56
De : Robert Harant Titre : Emprunter de l'argent sans passer par une banque: harantrobert8@gmail.com Bonjour, Particulier sur toute l’Europe et dans le monde entier, afin de lutter contre la pauvreté et l'exclusion bancaire, j’ai mis sur pied un système financier capable d'aider les personnes en difficulté. Il consiste à octroyer de crédit allant de 2000€ à 500.000€ avec un taux d'intérêt de 2%. Alors si toute fois vous avez besoin d'un prêt particulier, veuillez me contacter . E-mail: harantrobert8@gmail.com
Lettres à Nour
Thoricourt (Silly) - Théâtre au Vert - Belgique Le 26/08/2017 à 21h30 Grange du Château 43 rue de Silly Téléphone : + 32 (0)68 65 96 26. Site du théâtre Réserver  

Lettres à Nour

de Rachid Benzine

Duo épistolaire Théâtre
Mise en scène : Rachid Benzine
 
Avec : Delphine Peraya, Rachid Benzine

Dramaturgie : Sébastien Monfé
Lumière : Olivier Arnoldy
Musique : David Thésia

Durée : 1h15 Photo : © DR  

Production : Théâtre de Liège

Lire : Rachid Benzine, Nour, pourquoi n'ai-je rien vu venir?, Paris, Seuil, 2016