La Guerre des buissons
Michel VOITURIER envoyé spécial à Huy
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Publié le 31 août 2017
Une guerre qui chasse les familles de chez elles. Une fillette de 7 ans qui se retrouve en exil sans les siens, en pays étranger dont elle ne comprend pas la langue.

Le fil narratif de cette histoire est concis : Toda se voit contrainte de fuir son pays parce que la guerre n’épargne personne. Elle se retrouve loin de sa famille à tenter de se débrouiller, de comprendre ce qui se passe et pourquoi.

Comment une enfant peut-elle savoir ce qu’est une frontière ? A quoi cela ressemble-t-il ? Comment distinguer les amis des ennemis ? Comment communiquer alors que les citoyens du pays dans lequel on aboutit parlent une langue inconnue ? Comment se sentir en confiance lorsqu’on se retrouve sans père ni mère à ses côtés ? Pourquoi continuer alors qu’on est sans réponse à ces interrogations ?

Dans un espace complexe qui laisse entrevoir des ouvertures de tailles diverses, les marionnettes à grandeur presque humaine et les comédiens en chair et os se confrontent à un monde sans pitié dans lequel évoluent aussi des personnes porteuses de solidarité. Les percées du décor, sortes de castelets dispersés, permettent des cadrages singuliers comme au cinéma où des gros plans s’attardent sur des détails qu’un plan général ne souligne pas, donnant au regard une manière autre de regarder l’action.

Si le fil conducteur est élémentaire, le récit ne cesse d’être rempli d’événements. Rien jamais ne se fige. Le déracinement de Toda, les va-et-vient des populations animent la représentation. Le public se pose les mêmes questions que l’enfant. Ce qu’on n’a guère le temps de faire lorsqu’un reportage sur le même thème passe à la télé. Cette pièce est, par conséquent, un moyen efficace de pensée, tout en procurant le plaisir d’un théâtre susceptible de susciter le rire autant que les larmes.

Sans oublier, élément mineur, mais montrant qu'un auteur n'est jamais suffisamment attentif lorsqu'il écrit à partir de la réalité. Le risque existe de déformer certaines vérités face à un public qui prendra ces propos pour justes : en sciences, il est affirmé que les étoiles ne se déplacent jamais (ce qu'on baptise 'étoile' filante n'en est pas une mais seulement un météore), que seules les planètes bougent dans l'espace. Dès lors, pourquoi affirmer (même si c'est dans l'imaginaire d'une enfant) que la polaire est le seul repaire fixe pour un voyageur nocturne ?

Huy - Rencontres du Théâtre Jeune Public - Belgique Du 22/08/2017 au 23/08/2017 à ma 18h me 10h 14h Salle de l’Athénée Cité Emile Vierset Réserver  

La Guerre des buissons

de Joke Van Leeuwen

de 7 à 12 ans Jeune Public
Mise en scène : Jérôme Poncin
 
Avec : Anaïs Petry, Marie-Odile Dupuis, Simon Wauter

Adaptation : Jérôme Poncin
Scénographie, marionnettes : Aurélie Deloche
Costumes Margaux Vandervelden
 Musique : Gloria Boateng
Œil extérieur  Benoît De Leu de Cecil
Construction décors, régie François De Myttenaere
Création éclairages  Loïc Scuttenaire

Durée : 1h Photo : © Nicolas Bomal  

Production : Théâtre des 4 mains

Revoir http://www.ruedutheatre.eu/article/3383/bizar/

            http://www.ruedutheatre.eu/article/3098/poupette-in-bruxelles/

            http://www.ruedutheatre.eu/article/3081/petites-histoires-grrrochonnes/

Prix : Coup de coeur de la presse et mention du jury aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy 2017