Ballade de Willy le ket
Michel VOITURIER envoyé spécial à Huy
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Publié le 24 août 2017
Un récit presque épique d’un moment de western s’impose à travers une parodie poétique pour longuement parler de la détresse des violences conjugales.

Le thème n’est pas très fréquent au théâtre. Il est plus rare encore du côté du théâtre jeune public. Le voilà traité au cours d’une histoire minutieusement écrite. Une histoire d’amour et d’exode à travers un pays particulièrement macho dont des allusions à la Belgique ne sont pas fortuites dans ce « western chicon », le pays de la conquête, celui des cow-boys tels qu’ils apparaissent dans les films d’autrefois et certaines b.d. 

Pour concrétiser cet univers, ils sont trois. En premier, la narratrice qui prend sur elle et en elle la quasi totalité du récit. Cette aventure est conçue avec une écriture complexe qui accumule les images littéraires parfois poétiques, souvent comiques. C’est un texte dru, bourré de mots qui font mouche. Un texte signé Sarah Testa et Vangeebergen qu’on aimerait lire calmement car il est dense, copieux, survitaminé.

Testa montre un sacré tempérament grâce à sa présence affirmée, à sa voix bien timbrée capable de changer de ton et de registre pour le doublage de certains personnages, ne répugnant pas à chanter des airs de circonstances. Elle se donne sans compter dans des phrases qui semblent l’habiter de l’intérieur. Elle y croit à cette histoire de femme amoureuse de celui qu’elle idolâtre, même s’il la brutalise.

Aux côtés de cette comédienne, deux musiciens dont la présence ne se contente pas de simplement accompagner. Ils créent des mélodies qui, comme celles des bandes sonores cinématographiques, suggèrent des références culturelles, redisent à leur manière des bruits familiers des lieux traversés. Ce duo est là aussi en tant que chœurs pour soutenir les parties chantées, pour stimuler des rythmes dans du rap bon teint.

Cet ensemble cohérent en diable a le défaut de ses qualités. Il est terriblement généreux mais cette générosité est un torrent, elle emporte tout sur son passage. Alors les mots, si essentiels pour délivrer leur cri d’alarme féministe, se noient parfois dans leur débit exacerbé. Tout cela devrait subir un sérieux élagage car au théâtre où le public n’entend les phrases qu’une fois, il n’est pas efficace de suivre plusieurs pistes à la fois sous peine de n’en voir aucune aboutir.

Huy - Belgique Le 21/08/2017 à 11h30 16h Espace dégagé - Salle EP Quai de Compiègne Site du théâtre Réserver  

Ballade de Willy le ket

de Sarah Testa, Jean Vangeebergen

de 15 à 18 ans Jeune Public
Mise en scène : Jean Vangeebergen
 
Avec : Sarah Testa Joachim Loneux Denis Meurée

Scénographie Marie-Hélène Tromme
Création lumière Joël Bosmans
Vidéo José Gioé
Régie Joël Bosmans Alex Vermaut

Durée : 1h15' Photo : © Nicolas Bomal  

Production : Zû Klub

Lire : Kowal, Ronveaux, Vangeebergen, Joachim, La Ballade de Willy le Ket. Carnet pédagogiqueI, Liège, Province de Liège - Culture, s.d.[2017?]? 84 p.