La vie trépidante de Laura Wilson
Michel VOITURIER Avignon
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Publié le 25 juillet 2017
Pour Laura c’est le chômage. Donc le début d’événements contre lesquels il lui faut lutter pour survivre et surtout (re)vivre. Un hommage à l’optimisme actif. Un portrait de société déboussolée.

Le metteur en scène, Jean Boillot a résolument pris le parti de la mobilité et de l’impulsion. Sur le plateau, divers lieux concrétisés par quelques éléments mobiliers, à l’avant-scène quatre micros comme lors d’un spectacle de variétés.

Ce sera résolument contemporain : zapping et discontinuité du récit, musique rock, caméra mobile, incarnations de multiples protagonistes par les mêmes comédiens susceptibles de devenir narrateurs intermittents, insertion de couplets, interventions en coulisses, changements à vue… La multiplication des signes scéniques mène le spectateur à suivre avec intérêt le périple du personnage qui donne son nom à l’histoire.

L’esthétique qui prévaut est celle de l’énergie. C’est d’autant plus cohérent que le sujet principal de cette pièce est la lutte d’une femme seule contre les dérives et les obstacles posés par le système socio-économique.  Un des moteurs de cette lutte s’avère culturel : c’est à partir de la rencontre avec un tableau de Breughel que Laura Wilson trouve un élan nourricier et la chanson demeure pour elle un élément capital de sa mémoire formatrice.

Cette héroïne née de l’imagination de scénaristes est en elle-même déjà une mise en abyme. La concrétisation scénique proposée par la Cie Nest s’avère un objet richissime quant à la réalité théâtrale qui se confronte au réel, qui l’enrichit par des procédés propres à la représentation du vivant par un jeu scénique. Et, dans la manière dont ce spectacle refuse d'être argumentatif, démonstratif, idéologique, il se reçoit tel un divertissement. Mais il se révèle matière à pensée.

L’auteur résume exactement son intention en déclarant : « Elle ne se bat pas pour vivre, elle vit parce qu'elle se bat. Pour moi, ce renversement est capital. La vie est dans la bataille plus que dans la victoire ou la défaite. La défaite anéantit. La victoire endort. L'affrontement, lui, rend la vie intense ».

Avignon - Avignon Off Du 06/07/2017 au 28/07/2017 à 15h40 11 Gilgamesh Belleville 11 boulevard Raspail Téléphone : 04 90 89 82 63 . Site du théâtre Réserver  

La vie trépidante de Laura Wilson

de Jean-Marie Piemme

Théâtre choral
Mise en scène : Jean Boillot
 
Avec : Philippe Lardaud, Régis Laroche, Hervé Rigaud, Isabelle Ronayette

Compositeur interprète : Hervé Rigaud

Scénographie, costumes : Laurence Villerot

Collaboration vidéo : Vesna Bukovcak

Créateur lumière : Pierre Lemoine

Régisseur son : Perceval Sanchez

Régisseurs lumière :   Benoît Peltre et Jérôme Lehéricher (en alternance)

Construction décors: Ateliers du NEST

Durée : 1h25 Photo : © Charlotte Spillemaker  

Diffusion : Inès Beroual / Stéphane Meyer
Production : Production NEST - CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est
Coproduction : Théâtre de Liège
Soutien : Commune – CDN d’Aubervilliers, Espace Bernard-Marie Koltès (Metz)
Participation : Chœur en Liberté des Libertés Chéries ; INECC – Mission voix Lorraine

Comparer : autre mise en scène de Boillot : http://www.ruedutheatre.eu/article/3290/animal-s-la-dame-au-petit-chien-un-mouton-a-l-entresol/

Lire : Jean-Marie Piemme, La vie trépidante de Laura Wilson, Narbonne, Camus et Compagnie, 2014