Suzane VANINA Bruxelles
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Publié le 16 mai 2017
Le metteur en scène Christophe Sermet continue son exploration du théâtre russe. Après Tchekhov, le maître (et "Vania"), au tour de Gorki, qui fut son digne successeur, d'être l'objet de son regard tout neuf...

Il s'agit d'une réalisation neuve, inspirée par le vieil auteur russe, soit un classique revisité, comme il semble que cela soit ce qui motive les réalisations de la Compagnie du Vendredi. On y retrouve des portraits de personnages-types de la bourgeoisie et certains des comédiens-fétiches de la Cie. En tête, les excellents Yannick Renier, Philippe Jeusette, Claire Bodson. Fidèle également et devenu indispensable, le scénographe Simon Siegmann.

Il y a aussi comme un écho de sa scénographie précédente ("Vania"): le plateau est coupé dans toute sa longueur, ici par une sorte de longue table divisible et bonne à tout faire. A mi-hauteur, un grand panneau transversal jaune, servant d'écran pour vidéo en direct, voit les acteurs se baisser (dure est la condition humaine) pour rejoindre ou émerger des coulisses. Les entrées et sorties se font sans logique apparente et des lieux hors cadre sont inclus dans cette cuisine-laboratoire munie de frigo et pourvue de chaises voyageuses, autant salon où l'on cause que lieu d'expériences variées.

La construction dramatique fragmentaire que Gorki choisit pour ses pièces s'explique sans doute par le fait qu'il fut d'abord romancier. Il devint le dramaturge que l'on connait suite à une demande du Théâtre d'Art, et "Na dne/Les Bas-fonds" fut l'un de ses succès. C'était trois ans avant "Deti solntsa/Fils du soleil", en 1905, année où, emprisonné pour sa participation au mouvement révolutionnaire, il l'écrira comme poussé par une urgence dramatique.

Il y évoque en toile de fond l'année 1892 et les émeutes dues à l'épidémie de choléra, suite elle-même à une grande famine. Ce seront les préliminaires au temps des révolutions qui agiteraient son pays. Si les pauvres se révoltent, n'ayant plus rien à perdre, les riches, intellectuels, savants (dont les médecins honnis) se livrent à des réflexions sur l'état de la société.

Une division interne rend le propos un peu manichéen, d'un côté les "enfants du soleil" qui ont un idéal, croient en l'Homme et marchent vers la lumière, le soleil ; de l'autre, ceux qui sont désabusés et se perdent dans un désert froid. Deux couples illustrent bien cette idée, d'un côté Pavel et Elena, de l'autre Boris et Liza qui n'auront jamais formé de couple et représentent la part sombre de l'être humain.

Ils constituent une petite communauté de doux rêveurs, d'utopistes insouciants, de nantis égocentriques amateurs de discussions tournant souvent autour des questions de l'Art, de la Science, de la Beauté, mais dont les petits jeux amoureux ne sont pas exclus.

En tête: Pavel Protassov/le type du savant naïf absorbé par ses recherches ; sa femme qu'il néglige Elena/Vanessa Compagnucci ; sa soeur Liza/Marie Bos atteinte d'une maladie nerveuse. Autour, des visiteurs : un voisin-vétérinaire, Boris Tchépournoï/Philippe Jeusette, amoureux de Liza ; sa soeur Melania/Claire Bodson, amoureuse, elle, de Pavel, un soupirant d'Elena ; le photographe Dimitri Vaguine/Francesco Italiano, auxquels il faut ajouter Nazar Avdéïévitch/Iacopo Bruno, le fils du propriétaire du lieu. En plus, le personnel domestique c'est-à-dire Iegor/Gaétan Lejeune, l’homme à tout faire de la maison, brute avinée caricaturale ; Antonovna/Consolate Siperius et Fima puis Loucha/Gwendoline Gauthier.

L'épidémie venue du dehors sévit jusque dans le foyer de Iegor où sa femme, malade, n'inspirera la pitié que d'Elena que Pavel voudra empêcher de porter secours eu égard au risque de contagion, alors que c'est Liza qui concentre l'attention de tous. La famille, le clan, se protège encore, mais jusqu'à quand ?

"Expérimentons, expérimentons, il en restera toujours quelque chose" semblent se dire ces personnages...

De cette longue pièce en quatre actes, Christophe Sermet et Natacha Belova ont fait une adaptation élaguée, actualisée, qui se veut dynamique, comme la mise en scène et la direction des comédiens.

La scénographie ne s'embarrasse pas de vraisemblance, encore moins de réalisme ; elle suggère davantage qu'elle ne situe les lieux : la grande table réunit les personnages pour les rendre plus proches (leurs interventions avec micros-cravates aidant). Nous restons au théâtre - le mot "Fin" annonce que se termine le spectacle-projection vidéo. La distance est marquée encore par la narration des deux domestiques, observatrices de ce qui se passe à l'intérieur, la maison, comme à l'extérieur, la rue. L'ensemble génère peu d'émotion.

Le contraste entre un petit groupe d'élites privilégiés déconnecté de la réalité et la misère du peuple, de ceux d'En-Bas, terreau d'une révolte, devra, évidemment, inciter à penser à l'actualité brûlante de certains de nos pays. On ne parle plus ici de lutte des classes, ce qui était plutôt le thème favori de l'auteur, on voit ici l'opposition entre le noble artiste et le grossier prolétaire ou l'inquiétant intégriste.

N'est-ce pas là une situation très ancienne et un éternel combat ? Du reste, des extraits de Genêt et de Chabrol sont joints à ceux de Gorki.


Il s'agit d'une réalisation neuve, inspirée par le vieil auteur russe, soit un classique revisité, comme il semble que cela soit ce qui motive les réalisations de la Compagnie du Vendredi.
 

le 24 mai 2017 à 4:09
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Les enfants du soleil
Bruxelles - Belgique Du 26/04/2017 au 20/05/2017 à me-ve : 20h15 - ma sa: 19h - di : 16h Théâtre des Martyrs 22 place des Martyrs, Bruxelles Téléphone : +32 (0)2 223 32 08. Site du théâtre Réserver  

Les enfants du soleil

de Natacha Belova et Christophe Sermet d'après Maxime Gorki

Théâtre
Mise en scène : Christophe Sermet
 
Avec : Claire Bodson, Marie Bos, Iacopo Bruno, Vanessa Compagnucci, Gwendoline Gauthier, Francesco Italiano, Philippe Jeusette, Gaetan Lejeune, Yannick Renier, Consolate Sipérius

Assistanat: Nelly Framinet
Scénographie, lumière: Simon Siegmann - Construction décor et mobilier: Olivier Waterkeyn, Alain-Max La Roche, Fred Op De Beek assistés de Pierre Ottinger 
Costumes: Brandy Alexander - Habillage: Nina Juncker
Création sonore, musique: Maxime Bodson 
Création vidéo, régie générale: Stefano Serra 
Direction technique: Thomas Vanneste - Régie son: Éric Ronsse - Régie lumière: Gauthier Minne - Régie plateau: Stanislas Drouart Régie vidéo: Nicolas Stroïnovsky

Durée : 2h20 Photo : © Marc Debelle  

Création-production: Rideau de Bruxelles, Compagnie du Vendredi, Bruxelles
Partenariat : Théâtre des Martyrs, Maison de la Culture de Tournai (BE)
Soutiens: Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service du Théâtre/CAPT/COCOF, Fonds d'acteur/Centre des Arts scéniques

Le spectacle comporte des extraits de l’œuvre "Les Bonnes" de Jean Genet © Editions Gallimard et des extraits du scénario de cinéma "La Cérémonie", scénario de Claude Chabrol et Caroline Eliacheff © Presses Électroniques de France/"L'Avant-Scène Cinéma", 2013.

Sont également projetées des images d’archives sur lesquelles apparaissent Pierre Pascal, traducteur, essayiste et historien français, slaviste et spécialiste de la Russie. Dès les débuts de la Révolution russe de 1917, il se rapproche de Lénine et devient l'un de ses collaborateurs.


Revoir: http://ruedutheatre.eu/article/2879/vania/?symfony=7687c7693f22877231e0ae5a404be8e8
http://ruedutheatre.eu/article/59/hamelin/
http://ruedutheatre.eu/article/comment/?article_id=1546&symfony=833ea427b540841b4abddc1b43e3764e