Michel VOITURIER Lille
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Publié le 15 mai 2017
Envoyées chez les ‘bonnes sœurs’ pour y être éduquées, les fillettes d’autrefois qui se retrouvaient sans mari finissaient ensuite souvent au couvent. Ayant été instruites, certaines profitèrent de leur communauté pour se mettre à lire des philosophes, à débattre de théologie au point de devenir, aux yeux de l’Église, des hérétiques.

Du Théâtre 100 % objets comme annoncé ? Disons plutôt 5%. Du théâtre ? Déduisons plutôt conférence historique radiophonique. Manifestement, il y a eu erreur de dénomination. Dommage pour cette réalisation qui raconte un épisode méconnu des débuts du féminisme dont l’intérêt est évident.

En fait, on y apprend comment, au XVIe siècle, on traitait les fillettes en les envoyant dans un couvent si elles ne parvenaient pas à épouser un mari qui soulageait une famille de leur présence improductive. On y suit le développement d’une communauté de nonnes qui a fini par profiter des circonstances pour se procurer des livres, débattre de la religion et conclure que Dieu ne pouvait être qu’une femme et ce au grand dam de l’inquisition.

Pour ce plaidoyer vivement féministe, une comédienne, Marta Cuscunà, qui s’empare avec conviction de cette révolte particulièrement subversive. Un vrai discours de militante qui convainc. Mais dont l’exposé est difficilement audible car elle est italienne, parle en italien avec la volubilité des Italiens au point que les surtitres en français défilent un peu trop rapidement pour tout saisir. Hélas !

D’autant que le message est capital. Que l’actrice joue avec générosité et conviction car, avec raison, elle croit en la nécessité des propos qu’elle tient en faveur d’une reconnaissance accrue de l’autonomie féminine dans un monde encore trop aux mains des mâles, des intégristes de tous poils.

Elle s’efforce de jouer tous les personnages de cette révolte contre le patriarcat tyrannique. Elle sera vierge en attente d’époux, représentants zélateurs du clergé, père de famille, vicaire vitupérateur envoyé par l’inquisition, panel varié de sœurs… Elle est moins probante en manipulatrice de figurines caricaturales, figées côté cour d’un plateau trop grand pour une confrontation qui aurait sans doute été plus efficace sur une scène de moindre envergure.

La simplicité trahie (La Semplicità inganata)
Villeneuve d'Ascq (Lille) - Théâtre 100% Objets Du 11/05/2017 au 13/05/2017 à je ve 20h sa 18h30 La Rose des Vents Boulevard Van Gogh, Téléphone : 0320 61 96 96. Site du théâtre Réserver  

La simplicité trahie (La Semplicità inganata)

de Argangela Tarabotti

Théâtre d'Objets Théâtre
Mise en scène : Marta Cuscunà
 
Avec : Marta Cuscunà

Adaptation : Marta Cuscunà
Assistant réalisateur : Marco Rogante
Création lumières : Claudio « Poldo » Parrino
Création son : Alessandro Sdrigotti
Régie plateau, son, lumières : Marco Rogante, Alessandro Sdrigotti
Réalisation décor : Delta Studios, Elisabetta Ferrandino
Réalisation costumes : Antonella Guglielmi

Durée : 1h10 Photo : © Alesandro Ingannata  

Diffusion : Laura Marinelli
Coproduction : Centrale Fies Operaestate Festival Veneto
Soutien : Provincia Autonoma di Trento-T-under 30, Regione Autonoma Trentino-Alto  Adige/Südtirol, Comitato Provinciale per la promozione dei valori della Resistenza e della Costituzione repubblicana di Gorizia, A.N.P.I., Comitato Provinciale di Gorizia, Assessorato alla cultura di Ronchi dei Legionari, Biblioteca Sandro Pertini di Ronchi dei Legionari, Assessorato alle Pari Opportunità (Monfalcone), Claudio e Simone del Centro di Aggregazione Giovanile (Monfalcone)
Microcrédit théâtral : Assemblea Teatrale Maranese-Marano Lagunare UD ; Federico Toni ; Laboratorio Teatrale Re Nudo-Teatri Invisibili ; Nottenera. Comunità_Linguaggi_Territorio ; Bonawentura/Teatro Miela-Trieste ; Spazio Ferramenta ; Tracce di Teatro d'Autore ; L'Attoscuro Teatro Montescudo di Rimini.

Lire : Claire Lesage, « Femmes de lettres à Venise aux XVIe et XVIIe siècles : Moderata Fonte, Lucrezia Marinella, Arcangela Tarabotti », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés [En ligne],19 juin 2006. URL : http://clio.revues.org/138 ; DOI : 10.4000/clio.138
          Giovanna Paolin, Lo spazio de silenzio, éd. Biblioteca dell Immagine, 1998