Suzane VANINA Bruxelles
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Publié le 15 mars 2017
S'agirait-il d'une résurrection, d'un avatar plutôt, de "la pièce policière" ? Sauf que l'on serait plus proche de James Ellroy que de Simenon. Alors, un polar noir ? Un PPP ou Polar Post Punk ? Oui dans l'ensemble mais pas seulement...

Ca commence par un affolement général. Lucie Toledo/Mélanie Zucconi, employée un peu nunuche dans un petit bureau de détectives, se fait reprocher avec fureur par une grand-mère irrascible/Florence Minder, d'avoir failli à sa mission de surveillance et laisser filer "entre deux métros", sa chère petite-fille Valentine/Eline Schumacher, une ado pas commode, ingérable, vivant chez son père intello/Achille Ridolfi, et sa belle-mère (qui est aussi Florence Minder... car comme Achille Ridolfi, Maude Fillon et Aymeric Trionfo ils seront quatre à se partager plusieurs rôles, chacun/e étant méconnaissable à chaque fois).

Valentine est une gosse de riche mal dans sa peau, qui semble n'avoir pour objectif dans la vie que se défoncer par tous les moyens. Cette nouvelle mission, "retrouver Valentine", dans les plus brefs délais, va rapidement paraître mission impossible à Lucie. Elle ne va trouver de l'aide pour l'enquête qui peine à démarrer que chez "La Hyène"/Marie Bos, une enquêtrice de haut vol, lesbienne connue, pour qui les milieux interlopes et marginaux de Paris ou de Barcelone n'ont pas de secrets, pas plus que les méthodes de travail (très) énergiques et efficaces.  

Les deux jeunes femmes prennent la route du soleil et le polar, noir, lui, prend des allures de road trip. En parallèle, on suivra l'espèce de voyage initiatique pour Lucie, le tout avec un fond "politique"(dans le sens premier du mot) et des relents de provoc' dans les scènes variées et les rencontres avec des personnages-échantillons d'une société qui se porte mal, comme on l'attend de Virginie Despentes. Car oui, ce spectacle est l'adaptation fidèle par Selma Alaoui du roman éponyme "couronné du Prix Renaudot 2010".
 
Cette reconnaissance officielle, la montée en grâces de l'auteure française, signifierait-elle qu'au-delà de la provoc, du langage cru, du trash, et de certains parti-pris de militantisme... est perceptible surtout sa volonté satirique de dénoncer la persistance sourde ou affichée de la prédominance machiste ? Le combat qu'elle mène depuis tant d'années aurait donc encore un sens aujourd'hui.
Après avoir revu le classique de l'auteure ("King Kong Theorie"*), son "manifeste politique de base", si l'on peut dire, on mesure le chemin qui la fit devenir romancière à part entière.

"Le regard que porte ce texte sur le monde est très complexe..." (S.Alaoui)
 
Si la trame du récit est respectée, la metteure en scène y ajoute sa touche personnelle, bien reconnaissable: du rythme, de l'audace, des idées branchées... aidée par la scénographie de Marie Szersnovicz, les vidéos de Bruno Tracq, la bande-son de David Defour et Guillaume Istace, la lumière de Simon Siegman. Les lieux les plus divers sont visités: de l'appartement parisien cossu du père, à l'irruption d'un véhicule tous phares allumés en passant par un bar gay ou une plage espagnols...
 
On reconnait aussi des fidèles de la jeune compagnie, un Collectif qui a pris le nom de Mariedl* (trio de base: Selma Alaoui, Coline Struyf, Emilie Maquest), en référence à son tout début, en 2007, avec un spectacle qui le fit remarquer:"Anticlimax" mis en scène par Selma Alaoui.

Les trois actrices, protagonistes "fixes" dans "Apocalypse bébé", surprennent agréablement: Eline Schumacher qui manie habilement fraîcheur et dépravation, gosse insupportable et touchante à la fois, Mélanie Zucconi en brave fille naïve, drôle et sympa, et surtout Marie Bos dont le phrasé mécanique et la voix râpeuse instillent ici une sensation d'étrangeté... 
 
Mais pourquoi ce titre-catastophe ? On ne le comprend qu'à la fin de l'histoire, une apothéose-apocalypse que l'on n'attendait pas de la part de l'ado retrouvée après tant de péripéties... C'est elle l'héroïne de l'histoire, davantage que le duo, improbable mais réussi, d'enquêtrices.
Avec sa verve bien connue, sa révolte non éteinte contre les clichés, les préjugés, les tabous, Virginie Despentes s'est penchée cette fois sur une ado paumée, plongée dans les contraintes de la société moderne, face à de (faux) adultes, ou incompétents, ou absents comme sa mère.
Quant au spectateur, il est pris dans une action pleine de rebondissements, avec du suspense, des personnages bien campés, sans perte de rythme.

le 20 mars 2017 à 10:54
De : calabretta Titre : bonne nouvelle pour vos besoin d aide de financement Bonjour Monsieur/ Madame On vous a refusé à la banque parce que votre crédit ne repond pas à leurs normes? Vous rêvez de posséder votre propre maison,mais on vous a refusé un prêt hypothécaire à cause d'un taux élevé ou d'un credit insuffisant?Vos affaires sont en baisse?vous avez besoin d'argent pour booster votre activité?Que vous ayez eu des retards de paiement explicables,un surendettement,un divorce ou une perte d'emploi ou autres,Vous pourrez avoir une deuxième chance au crédit entre particuliers.Je représente à votre problème des solutions qui peuvent vous aider à vous en sortir de cette ornière.la capacité de prêt doit se situer entre 10.000 et 800.000€. contact: calabretta00025@gmail.com
Apocalypse bébé
Bruxelles - Belgique Du 07/03/2017 au 25/03/2017 à Du Ma au Sa: 20h30 - Les Me: 19h30 Théâtre Varia 78 rue du Sceptre, 1050 Bruxelles Téléphone : +32(0)2.640.82.58 . Site du théâtre Réserver  

Apocalypse bébé

de Selma Alaoui d’après Virginie Despentes

Théâtre
Mise en scène : Selma Alaoui
 
Avec : Marie Bos, Maude Fillon, Florence Minder, Achille Ridolfi, Eline Schumacher, Aymeric Trionfo, Mélanie Zucconi

Assistanat: Amel Benaïssa - Stagiaires: Jeanne Dailler, Olga Lerani
Dramaturgie: Selma Alaoui, Amel Benaïssa, Bruno Tracq 
Scénographie, costumes: Marie Szersnovicz - Stagiaire-assistante: Lucille Streicher
Réalisation vidéo: Bruno Tracq 
Création son: David Defour, Guillaume Istace - Musique originale additionnelle: Loup Mormont
Création lumière: Simon Siegmann 
Conseil vidéo: Arié van Egmond 
Conseil artistique: Emilie Maquest, Coline Struyf 
Direction technique: Rémy Brans 
Perruques: Cora Debain - Maquillage, Jill Wertz
Images: Chef Opérateur: Coline Levêque - Chef Electro: Emilien Faroudja

Durée : 2h Photo : © Lou Hérion  

Création: Collectif Mariedl, Bruxelles'
Coproduction: Théâtre de Liège/Théâtre Varia, Bruxelles/Théâtre de Namur/le manège.mons (BE)
Soutiens:Fédération Wallonie-Bruxelles, Service Théâtre/Centre des Arts scéniques

*Mariedl, c'est "Petite Marie" en bavarois, du nom du personnage central d'"Anticlimax", idéaliste et combatif, qui transforme sa chétivité en puissance et rêve de sauver le monde de sa noirceur à grand coups de flots verbaux et poétiques...
*Revoir, pour l'auteure: http://ruedutheatre.eu/article/3547/king-kong-theorie/?symfony=70fdccadde256b27db86c990fcadbe4d
Et pour la metteure en scène: http://ruedutheatre.eu/article/1273/i-would-prefer-not-to/
Et aussi: http://ruedutheatre.eu/article/2304/l-amour-la-guerre/