Suzane VANINA Bruxelles
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Publié le 23 février 2017
C'est à un jeu grandeur nature que le spectateur est convié, quoiqu'on devrait plutôt parler de "game", de gamers", de "real life", de "frag", et de "no life" si l'on est un de ces "geek" pour qui il est impératif non seulement de jouer, mais de s'immerger dans le jeu à un point tel que plus rien d'autre ne comptera, et que la confusion entre jeu virtuel et vie quotidienne s'installera peu à peu.

"Quartier 3, Destruction totale"- à la fois le titre de la pièce et celui du jeu dont il est le sujet - parle de ces joueurs compulsifs, addictifs. Ils sont jeunes, évoluent dans un contexte de petite ville américaine plutôt cossue, dans un quartier bien précis (que l'on devine ultra protégé), décrit et reproduit à l'identique par le jeu lui-même dans lequel ils sont plongés, en immersion totale.

De niveau en niveau, ils tentent d'atteindre le dernier stade du jeu "La Maison Finale", et doivent pour cela affronter des zombies au moyen d'armes et d'astuces à trouver dans leur entourage : jardins, maisons, familles. La ressemblance avec certains quartiers de nos villes n'est pas fortuite et les problèmes que le public va découvrir sont universels, notamment la relation intergénérationnelle.

Une "Association des habitants du quartier" s'est formée et tous les adultes s'inquiètent de la tournure de plus en plus violente prise par le jeu et son impact sur leur vie jusqu'alors paisible. La relation parents/enfants se détériorera à mesure que le jeu évolue et que des faits étranges surviennent, que force est de constater que les actions des joueurs ont des conséquences (coïncidences ? ) dans le quotidien de leur quartier réel (objets disparus, chat torturé...).

La pièce est composée de courtes séquences en alternance: celles du jeu et celles des rencontres deux par deux, entre parents, entre ados, entre parent-ado, en extérieur/jour, intérieur/nuit... comme un découpage cinéma.

L'importance de la scénographie est maximale, et c'est une réussite ! En place du rideau de scène, Olivier Wiame a prévu un écran géant qui coupe tout le plateau. Il sera à la fois le support des consignes (les "solutions de jeu") de chaque niveau du jeu virtuel, avec "map", vue aérienne de ce fameux quartier. En transparence, il montrera sur fond fixe d'un décor changeant, les divers dialogues des scènes "vivantes". Le fond sonore de Loup Mormont est en adéquation avec la sonorisation de l'univers  de ces jeux et tout cela suit parfaitement les intentions du metteur en scène Olivier Boudon.
 
Quatre comédiens: Lise Wittamer et Stéphane Fenocchi (les parents), Lucile Charnier et Lode Thiery (les ados) se partagent (avec grand talent) pas moins de seize personnages. C'est un choix de l'auteure  qui entend par là "intensifier l'ambigüité réalité/virtualité" et viser à "l'uniformisation des personnes et des modes de vie".

Quand la fiction contamine le réel...

Le spectateur accroché à l'histoire qui évolue comme un thriller, risque de sentir monter en lui une certaine anxiété : celle de ne plus savoir où se situe la Vérité, la Réalité, telle qu'il croit la connaître.
Et de se poser les questions, déjà connues, à propos de ces jeux vidéo en ligne: la violence qu'ils contiennent sera-t-elle contenue, justement, ne risque-t-on des débordements ? Comment les parents d'ados peuvent-ils encore communiquer avec leurs enfants, "gamers" précoces parfois ?

Les risques comportementaux, celui de repli sur soi en premier lieu, n'existent-ils pas au bout du compte ? Quel avenir se préparent-ils ? Et que nous réservent encore ce qu'on appelle les avancées technologiques (casques de réalité augmentée, par exemple) ? Va-t-on vers un monde déshumanisé, une société farouchement individualiste ? Que deviendra le vivre ensemble ?

La fin ambigüe, ouverte, laissera le spectateur dubitatif et sur sa faim ou, au contraire, en proie à une foule de réflexions, suscitant elles-mêmes de nouvelles interrogations... Une fois encore, le théâtre de Poche est fidèle à son histoire et à sa réputation d'être, lui, résolument ancré dans la réalité, et l'actualité !

le 9 mars 2017 à 19:49
De : jean combo Titre : Témoignages de prêt Email combojeanluc@hotmail.com En cette nouvelle debut d'année 2017 j'aimerais donner un coup de pousse pour les personnes en détresse et amené la joie dans leur cœur. Vous qui avez des problèmes financiers, vous qui êtes rejetés par les institutions financières concernant une demande de prêt .En vue de rehausser votre chiffre d’affaire et de vous relancer dans vos projets financiers je suis un Homme certifié et légitimé qui accorde des prêts sous forme d’argent à tout personne de bonne moralité et susceptible de me rembourser à bonne date.Pour cela j'octroie ces prêts allant de 5.000€ à 5.450.000€ à un pourcentage de 2% dans les domaines ci-après : - Achat d’immeuble - Achat de voiture, moto - Grand projets bénéfiques - Mariage - Prêt Immobilier - Construction - Dette (etc…) Pour avoir plus d'exemple contacter MON E-MAIL combojeanluc@hotmail.com
Quartier 3 : destruction totale
Bruxelles - Belgique Du 14/02/2017 au 11/03/2017 à ma-sa: 20h30 Théâtre de Poche 1a chemin du Gymnase, Bruxelles Téléphone : +32(0)2.649.17.27. Site du théâtre Réserver  

Quartier 3 : destruction totale

de Jennifer Haley

Théâtre
Mise en scène : Olivier Boudon
 
Avec : Lucile Charnier, Stéphane Fenocchi, Lode Thiery, Lise Wittamer

Traduction française: Emmanuel Gaillot
Assistanat : Laurent Staudt.
Scénographie : Olivier Wiame 
Vidéo : Bruno  Tracq 
Son : Loup Mormont 
Lumière : Xavier Lauwers 
Costumes : Carine Duarte
Régie: équipe Théâtre de Poche

Durée : 1h30 Photo : © Yves Kerstius  

Création-production: Théâtre de Poche, Bruxelles (BE)
Soutiens: Centre des Arts Scéniques/"Schieve Compagnie" (BE)
Partenariat : ASBL Média Animation, Action Ciné Médias Jeunes, Meltdown Brussels.

La pièce a été traduite à l'initiative et avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale à Paris.

Lire : Jennifer Haley, Quartier 3 : destruction totale, Les Matelles, Espaces 34, 2012

Ce spectacle constitue une Première mondiale en français: la création eut lieu en 2008 à Louisville, USA, et depuis,"Neighborhood 3/Requisition of Doom" ("Quartier 3, Destruction totale") est régulièrement représentée.