Michel VOITURIER Bruxelles
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Publié le 30 septembre 2016
Une nouvelle collection paraît en Belgique qui a l’ambition de faire lire du théâtre dans les classes, de l’analyser et peut-être de le jouer. Le premier volume profite de la tendance très actuelle de reprendre des contes anciens et de les adapter au monde d’aujourd’hui.

Une histoire des frères Grimm, La mort marraine, sert de trame à ces variations à propos de la mort. Au départ, un père peu fortuné va avoir un 7e enfant que sa femme est en train de mettre au monde. C’est trop pour lui. Il lui faut s’en débarrasser. Il invoque le ciel. Le diable, apparu, lui propose d’être le parrain protecteur du nouveau né. Le père refuse car le prix à payer – la perte de toute illusion pour l’enfant – lui semble trop cher.

Dieu surgit et suggère d’en faire un de ses prophètes. Mais le papa, trouvant cela trop dangereux, refuse. Survient la Mort. Elle désire le prendre sous sa garde avec comme avantage conséquent non négligeable qu’il deviendra un humain qui, lui au moins, sera exempt de la peur de mourir.  Le père accepte.

La suite voit le fils, devenu médecin, accompagner sa marraine. Une fois qu’il connaît la vérité de l’identité de sa protectrice, il a du mal à accepter la situation de ne pas avoir le pouvoir d’empêcher ses patients de décéder. Mais s’en accommode jusqu’au jour où il est au chevet d’une jeune fille condamnée par la maladie et dont il tombe amoureux. Il va dès lors chercher un moyen de soustraire son aimée à la mort.

Un ton facétieux et un suivi documenté

Les dialogues imaginés par Armel Job sont acides, imprégné d’un humour impertinent, quelquefois noir. Il  y a là de l’insolence et quelques vérités susceptibles de ne pas plaire aux grincheux. La fin devient plus sérieuse et un rien démonstrative. Mais y avait-il moyen de faire autrement afin de conserver la symbolique du conte originel ?

En bonus, comme on dit pour les DVD, un dossier pédagogique signé Jean Bauwin (questionnaire pour une analyse de la pièce – sujets de recherche et de dissertation – texte initial des frères Grimm – suggestions de poèmes sur la mort et la joie de vivre – entretien avec Gabriel Ringlet – écrits pour apprivoiser la mort – interview d’un médecin spécialisé en soins palliatifs et celle de l’auteur).

Le tout constitue un instrument pédagogique performant tant par sa clarté que par la variété des pistes proposées en vue de philosopher sans se perdre dans une intellectualisation à outrance.

La mort pour marraine

Lire: Armel Job, La mort pour marraine, Louvain-la-Neuve, De Boeck Education, coll.Texte+Dossier Théâtre, 2016, 114 p.