Michel VOITURIER envopyé spécial à Huy
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Publié le 22 août 2016
L’art est une des traces que l’humanité laisse de son existence à chaque époque. Cela constitue un fameux patrimoine. Qu’en sera-t-il pour l’avenir ? Quels témoignages témoigneront de notre siècle ?

C’est à ces questions que Philippe Léonard tentera de répondre. Il y donne d’abord une réponse en action : il dessine une fresque sur une monumentale bande de papier fixée sur un chevalet géant. C’est probablement en lien avec sa biographie. Pas mal de retraités se dirigent en effet vers les cours du soir des écoles de beaux-arts pour retrouver un plaisir qu’ils ont eu dans leur jeunesse en dessinant, peignant ou sculptant. Maintenant, ils ont le temps de se consacrer à autre chose que du travail rémunéré.

Cette fresque, c’est l’élément principal du spectacle. Il est capable de fasciner ceux qui la regardent. En effet, les quelques traits tracés au fusain au début se transformeront petit à petit, deviendront des créatures, des éléments de paysage. Il y a toujours des surprises lorsqu’une courbe qui semblait une route, le galbe d’une jambe se retrouve finalement la silhouette d’un cheval. Lorsqu’une tache informe soit soudain un œil dardé vers quelque chose ou quelqu’un d’invisible.

Le processus créatif est mystérieux. L’observer tandis qu’il se produit avait naguère captivé le cinéaste Henri-Georges Clouzot. Il avait tourné, pour son plaisir, avec des bouts de pellicule non utilisée, un film intitulé « Le mystère Picasso ». Contre toute attente, ce documentaire plus ou moins improvisé, plus ou moins brut, avait attiré un public inattendu.

Le Léonard comédien est aussi un praticien de la parole. Au dessin il ajoute donc des mots parcimonieux. Pas de bavardage. Des anecdotes personnelles. Quelques références de Fautrier à Dodeigne et d’autres. Des réflexions sur l’art. Un soliloque adressé néanmoins à un public. Est-ce encore du théâtre ou façon différente de donner une conférence ? Qui le dira ?

Comme la pluie

Comme la pluie

de Pierre Richards, Philippe Léonard

8-12 ans
Mise en scène : Pierre Richards
 
Avec : Philippe Léonard

Scénographie, costumes : Catherine Sommers
Musique : Philippe Morino, Juliette Richards
Chansons : « Dancing on the bridge » Golden Gloss and the Cannon, « Don’t let them draw your way » (Juliette Richards, Philippe Morino)
Éclairages :  Luc Jouniaux
Vidéo :  Arnaud Van Hammée
Régie : Luc Jouniaux, Karl Autrique

Durée : 1h Photo : © Nicolas Bomal  

Diffusion Mademoiselle Jeanne (Anne Hautem)
Production : Foule Théâtre
Aide : La Roseraie, La Montagne magique, Centre culturel (Comines), asbl Hayün

Voir Henri-Georges Clouzot, Le mystère Picasso,(1955), DVD, 2011