Un festival pour les aoûtiens
Noël TINAZZI Saint-Céré
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Publié le 1er août 2016
Seul en France dans la torpeur du mois d’août, le Festival de Figeac/Saint-Céré propose une vaste gamme de spectacles musicaux ou théâtraux de bonne tenue. Dans tout le département du Lot, avant de tourner dans l’Hexagone et à Paris cet hiver.

Opéra et musique à Saint-Céré, dirigé par Olivier Desbordes.Théâtre à Figeac, mené par Michel Fau. Avec ces deux festivals qui ont fusionné récemment, le département du Lot s'est doté du seul festival d'envergure qui anime la France dans la torpeur du mois d'août. D'autant plus que les spectacles ne se cantonnent pas à ces deux cités mais tournent ensuite pendant tout le mois d'août dans différents lieux de patrimoine du département (châteaux, églises...). Certains de ces spectacles (ceux d'opéra notamment) tournent ensuite dans toute la France et sont ainsi "rentabilisés" autant que faire se peut.

Un thème commun a été défini cet été par les deux directeurs qui, fait rarissime, s'entendent comme larrons en foire. C’est le thème des masques, de l'apparence, de l'artifice. Ou plutôt celui de la tombée des masques, de la confrontation des personnages avec leur vérité, hors du jeu social.

Ainsi de "La Traviata", le famfeux opéra de Verdi, créé par Olivier Desbordes dans la magnifique cour du château de Castelnau, près de Saint-Céré. La courtisane, rongée par la phtisie qui finit par l'emporter dans la fleur de l'âge, tombe le masque de la vie mondaine dès le début du spectacle, qui commence... par la fin de l'opéra. Nommée Violetta, 'La Traviata' (littéralement "la dévoyée") allongée, en combinaison noire sur son lit de douleurs, à côté de la scène, se remémore son passé et revit comme un flash-back les moments glorieux de sa vie de cocotte.

Tandis qu'elle chante sa poignante partition, Violetta (magnifiquement interprétée par la jeune soprano turque Burcu Uyar) est filmée par un opérateur et son image est projetée sur un écran géant au-dessus du plateau. Sur la scène, elle est "représentée" par une actrice muette qui joue son rôle de courtisane de haute volée au faîte de sa gloire. Servi par une équipe de jeunes musiciens et chanteurs très investis, le spectacle (en italien non surtitré) distille une charge émotionnelle très forte.


Au programme

Autre spectacle musical entrant dans la thématique de la tombée des masques : "L'Opéra de quat’ sous" du tandem expressionniste Brecht/Weill, créé cette fois à Figeac. Et encore, "La Périchole", l'opérette hilarante d'Offenbach, "Monsieur de Pourceaugnac", la brillantissime comédie ballet du duo Molière/Lully.

A noter au registre du théâtre, et dans la même thématique, "Richard II", tragédie de Shakespeare rarement donnée, "Le Frigo", de Copi, "Nevrotik  Hôtel", de et avec Michel Fau, qui sera cet hiver au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris.
 
Enfin, il faut compter avec une programmation nourrie de concerts en tous genres, musique savantes ou populaires, musiques vocales et/ou instrumentales, musiques du monde, jazz et tutti quanti.

Infos : www.festival-saint-cere.com

           www.festivaltheatre-figeac.com

           tél. 05 65 38 28 08