Cécile STROUK Bordeaux
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Publié le 22 octobre 2015
Novart, c’est 3 semaines de festival dans différents lieux de Bordeaux, 36 spectacles, 20 lieux partenaires, plus de 30 000 spectateurs. Un événement artistique incontournable. Rencontre avec la directrice du festival Novart, Sylvie Violan, à la Voiture qui Tombe, QG du festival.

On ne peut pas parler de Novart sans parler du QG où nous sommes présentement…

Pour cette édition 2015, il me semblait important d’avoir un lieu de vie, de rencontre entre les festivaliers, les badauds et les touristes. Jusqu’ici, ça n’existait pas et c’est vraiment ce qui manquait. J’avais en tête un lieu artistique éphémère dans un endroit atypique. J’ai confié ce projet à une association locale, Chahuts, qui l’a pris à bras-le-corps.

Quelques mois plus tard, le lieu a été déniché, la mise en espace imaginée et les animations trouvées : le QG s’est installé à la Voiture qui Tombe, en plein coeur du quartier Saint Michel. Caroline Melon, à la tête de cette association, s’est approprié l’espace, animée par cette exigence de qualité et cette nécessité de créer du lien. Le jour de l’ouverture, plus de 2 000 personnes ont investi le lieu. Il y règne une atmosphère de fête où on circule librement, le sourire aux lèvres, un verre à la main et un casque sur les oreilles.

C’est la première fois que vous dirigez ce festival (ndlr : Sylvie Violan est également à la tête de la salle conventionnée Le Carré Les Colonnes). Quelle était votre ambition ?

Ce qui m’intéresse au théâtre, c’est lorsqu’il parvient à créer un trouble. Entre la place des artistes et celle du spectateur ou entre la fiction et la réalité. Le théâtre, c’est du spectacle vivant, ça doit être une expérience en soi. Je vois trop souvent des pièces où je ne ressens pas la vie, où quelque chose est figé, passif. Beaucoup de propositions à Novart me semblent au contraire replacer la vie là où elle doit être : dans le processus même de création et dans la relation avec le spectateur.

Ce que je souhaitais aussi, c’était de décloisonner. Les cultures, les frontières, les genres, les statuts. Ce festival propose de découvrir des lieux atypiques un peu partout dans Bordeaux (que ce soit en intérieur ou en extérieur), de faire des rencontres inopinées et de s'étonner.

Est-ce que Novart ne serait pas le digne héritier de Sigma (ndlr : festival des années 60 qui a marqué Bordeaux par son avant-gardisme international) ?

Il est vrai que Sigma a énormément marqué cette ville. Ce festival a donné à voir des initiatives inédites (le living theatre, par exemple) pendant plus de 30 ans. Dans la mémoire collective des Bordelais, c’est devenu une institution culturelle. Et je crois que l’attente des Bordelais, maintenant que Novart existe, c'est de retrouver “l’ébouriffement” qu’avait provoqué Sigma.

Personnellement, j’attends de réveiller le Bordeaux Métropole pour en faire une référence dans le paysage de la création contemporaine européenne. Novart est un temps de visibilité régionale et internationale.

Pensez-vous déjà à l’édition 2016 ?

Oui. Il y a d’ailleurs une volonté politique de fusionner Novart et Des Souris, des Hommes, festival que j’ai créé en 2008 autour des nouvelles écritures scéniques internationales. Tous les deux ont des atouts complémentaires : Novart bénéficie d’une notoriété régionale forte, et Des Souris, Des Hommes d’une reconnaissance internationale. Rendez-vous en octobre prochain !

Festival Novart : entretien avec une directrice ébouriffante