Cécile STROUK Paris
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Publié le 1er septembre 2015
Philippe Minyana ne devait pas être à l'édition 2015 de la Mousson d’été. Mais le destin en a décidé autrement. Michel Vinaver, invité pour présenter son texte "Bettencourt Boulevard", n’a pas pu se rendre au festival. C’est donc tout naturellement que ce prolixe auteur dramatique du XXème siècle mais également proche de Vinaver s’est rendu à Pont-à-Mousson. Son destin est “tout le temps lié à celui de Vinaver", précisera-t-il pendant notre entretien.

Comment définiriez-vous votre théâtre ?

Mes pièces sont des “épopées de l’intime”, comme l’a si justement titré Hervé Pons dans le livre d’entretiens qu’il m’a consacré. Je parle des incidents de nos existences (visites, rencontres, retrouvailles). J’aborde des thèmes éternels et universels qui me permettent de convoquer ce qu’on entend dans le monde d’aujourd’hui pour retrouver l’étrangeté de l’ordinaire. J’ai l’impression de coudre des fictions, comme un artisan.

Scandée et précise, votre écriture semble préoccupée par le rythme…

J’aime la précision des mots et le rythme ternaire. Je fonctionne par accumulation de trois éléments dans mes histoires, dans un souci de sophistication. C’est une écriture faussement simple, faussement laconique. Je pose sur du papier blanc le bruit intérieur qui est en moi, dans le silence le plus complet et en ayant toujours en tête des comédiens.

Que pensez-vous de l'écriture théâtrale contemporaire, fer de lance du festival de La Mousson d'été ?

Dans les années 1980, j’avais l’impression qu’il y avait peu d’auteurs, hormis Jean-Luc Lagarce et Bernard-Marie Koltès. Depuis, une relève d’artistes soucieux de l’univers et de la forme théâtrale a repris le flambeau, portée par une exigence de l’écriture admirable.

Entretien Mousson d'été 2015 : Philippe Minyana