Publié le 7 février 2009
Attention révélation ! Voilà un groupe qui a tout pour faire souffler un vent nouveau sur la chanson française. Sur scène, ils sont déjà tout. Un vrai coup de cœur !

Non, leur nom n’a rien à voir avec celui du frère et gestionnaire attentif de feu Yolanda Gigliotti qui immortalisa « Gigi l’Amoroso ». Beaucoup plus ancienne, la référence sort de l’univers de Virginia Woolf, romancière qui hissa l’ambiguïté au rang d’art.

Ambiguïté. Le mot semble coller à ce quintet de fous virtuoses. Quintet de trois voix et cinq musiciens : le genre de mauvais comptes qui font les bonnes formations… Car ils savent tous tout faire, chacun à sa façon et au service de l’ensemble. La pluralité des talents se fond dans celle des sons, des genres, des textes. C’est un véritable festival que propose ce groupe dont les origines vont de Montreuil à Toulouse.

De Barcelone à New York


De l’entrée en scène à la présentation des musiciens (incluses bien sûr), ils vont livrer un concert bluffant de maîtrise, de drôlerie, d’émotions. Pas une note n’a été émise que la salle est déjà pliée en deux. Difficile de savoir ce qui nous attend après un tel prologue que n’oserait aucun de ces produits calibrés, manufacturés qui inondent de leur insignifiance les plages horaires des stations de radios les plus écoutées.

La scène se pare des couleurs chaudes d’une bodega catalane avec l’hispanophone du groupe, Aïda Sanchez, qui de sa puissance vocale aussi étourdissante que sa présence, chante en espagnol, pleure en français et meurt de toutes les morts (« Je suis morte » : un monument !). L’instant suivant, nous voilà parachutés dans une boite de jazz ou de blues à New York avec un swing décoiffant, des solos accrocheurs qui prennent leur temps avec un accordéon qui vient apporter sa touche bastringue à la batterie nerveuse de Paul Melnotte et la langoureuse contrebasse d’Etienne Roumanet. Les mélodies, toutes de sinuosités rythmiques qui laissent la part belle à l’improvisation et surtout à une scénarisation de chaque titre, mettent en beauté des textes qui ne sont pas en reste.

Ce sont en effet de mini spectacles que chacun de ces titres aux durées très variables et aux textes aussi éclectiques que les mélodies. Coincé entre les amours cynophiles que suggèrent « C’est mon chien » (« Je suis son tout, et lui c’est mon toutou ») et une histoire d’une vieille et d’une abeille qui coule comme un miel apaisant, un titre en espagnol avec traduction simultanée va récolter des rafales de rire aussi sûrement que se noueront les gorges pour le sublime « Cyrano » (en alexandrins, d’après Rostand) qu’accompagne une mélodie au romantisme absolu ou encore ce troublant « Mélancolie » (« Ma mélancolie n’a que moi dans sa vie »).

Près de deux heures durant, ces troubadours de génie et fous de la scène se déchaînent sans compter. Leur communion avec la salle est totale et l’énergie qu’ils dépensent est faite de ces ondes ultra positives dont on a tant besoin. On pense à eux longtemps, longtemps après que le concert est terminé et au bien fou qu’il nous ont fait…

Orlando en concert
Paris Du 07/02/2009 au 09/04/2009 Espace la Comédia 6 impasse Lamier, 75011 Paris Téléphone : 01 43 67 20 47 . Site du théâtre  

Orlando en concert

de Groupe Orlando

Spectacle musical  
Avec : Aïda Sanchez (chant et piano), Christelle Boizanté (chant et percussions), Frédéric Marchand (chant, accordéon, piano), Paul Melnotte (batterie), Etienne Roumanet (contrebasse)
Durée : 1h50 Photo : © DR