L'oubli des anges
Cécile STROUK Avignon
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Publié le 18 juillet 2015
Après "Teruel" qui a ému le public et la critique, la compagnie suisse Interface présente un autre spectacle consacré cette fois à la mort : "L’oubli des Anges". À la mort comme renaissance, dans une mise en scène qui mêle les arts et les langages pour toucher à l’essentiel. Interview du metteur en scène et fondateur de la compagnie, André Pignat.

D'où vous vient le titre L'oubli des anges ?

C'est un titre provocateur. Qui oublie qui ? Les anges ou nous ? Est-ce que c'est nous qui n'écoutons plus l'univers ou lui qui ne nous écoute plus ? On vit dans une société qui s'est coupée. On ne réfléchit plus sur l'essentiel, sur le pourquoi des choses. On est pris dans une course à l'ego : "Pourquoi je ceci ? Pourquoi je cela ?" L'oubli des anges réaffirme un positionnement essentiel sur la mort, en mettant en scène une femme enceinte archange. Le seul message que l'ange pourrait nous transmettre sur la mort, c'est que la mort créé la vie. Que la mort est quelque chose de fini ou le début de quelque chose. La mort est une porte qui s'ouvre vers le tout possible.

Vous aimez traiter de sujets forts, "essentiels" comme vous dîtes. Après le désir dans Teruel, la mort dans L'oubli des anges

Nos spectacles parlent de nous. Nous sommes une compagnie permanente qui vit ensemble dans un lieu de résidence près de Lausanne. Chaque spectacle que nous créons est vu comme une expérimentation de notre quotidien. Ce que nous montrons sur scène, c'est ce qui est à l'intérieur de nous. Quand nous jouons L'oubli des anges, les gens se sentent directement concernés, quelque soit leur culture. En Afrique comme en Allemagne. Ca parle directement au coeur. On recherche le côté essentiel, ce qui est à la base des choses.

Vous choisissez d'installer une ambiance sonore et visuelle qui semble nous ramener au Moyen-Âge... Etait-ce pour vous le meilleur moyen de parler de la mort ?

Les chants sont en latin, les textes sont tirés des requiem. La liturgie chrétienne est ce qui exprime le mieux la mort dans notre inconscient collectif. Le latin est une langue spirituelle qui est une ouverture vers le haut, et en même temps, qui est très corporelle par son rythme. Le texte des choeurs, quant à lui, est chanté dans un langage que j'ai écrit moi-même, un langage du corps, l'esprit d'un mantra. L'ensemble de ces textes sont un hymne à la vie.

Dans cette pièce comme dans les précédentes, vous montrez un art complet qui mêle danse, chant, danse et théâtre. C'est important pour vous, cette fusion des genres ?

Si notre compagnie s'appelle Interface, c'est justement parce que nous recherchons un langage commun. Ce qui nous intéresse, c'est la création de liens entre les arts, les artistes et les personnalités -  seul moyen de véritablement atteindre l'unité et la communion.

Avignon - Avignon 2015 Du 04/07/2015 au 26/07/2015 à 10h45 Théâtre du Balcon 38, rue Guillaume Puy. 84000 Avignon Téléphone : 04 90 85 00 80 . Site du théâtre  

L'oubli des anges

de André Pignat

Danse
Mise en scène : André Pignat et Géraldine Lonfat
 
Avec : Géraldine Lonfat, David Faggionato, Opéhlie Comina, Virginie Quignaux, Thomas Laubacher et Paul Patin.

Musique originale et lumière : André Pignat

Chorégraphie : Géraldine Lonfat

Régie : Jérôme Hugon

Durée : 1h Photo : © Maxime Lonfat