Michel VOITURIER Bruxelles
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Publié le 2 juillet 2015
Pour sa pièce « Greenville », Régis Duqué a reçu le prix des Metteurs en Scène hors Belgique 2013-14, destiné à encourager l’écriture dramatique en Belgique francophone. L’histoire est celle de jeunes rockers et de ceux qui les entourent de la naissance du groupe à sa disparition.

Duqué a choisi le puzzle, l’accumulation de fragments pour décrire des jeunes en train de se découvrir à travers la musique, en train de connaître peu à peu le succès, en train de jubiler et de s’interroger, en train de s’épauler ou de se détester. À travers une succession de monologues entrecoupés de brefs dialogues, au moyen aussi d’une mosaïque de personnages au témoignage bref de micro-trottoir, l’auteur dresse un portrait nuancé.

La multiplication des points de vue permet une perception diversifiée. Chacun éprouve et vit différemment. Chacun exprime à la fois ce qu’il a ressenti et comment il a réagi. Chacun expose des facettes multiples de sa personnalité. Les jugements se succèdent, se contredisent, se complètent. Certitudes et doutes coexistent.

En filigrane se dessine une fresque sociétale à travers le fonctionnement de l’industrie du spectacle, la manipulation des foules par la communication. Journalistes, managers, fans apparaissent sporadiquement.  Les relations entre les musiciens évoluent, elles aussi, passant par des phases positives et négatives.

Puisant parmi les anecdotes, les événements, les réactions des médias et des spectateurs, les faits divers liés à la réussite ou aux échecs, les accidents de parcours dus au hasard, Duqué dresse de façon dynamique et percutante le parcours de quelques jeunes non pas tels que la légende les a figés mais bien dans leur sheminement humain avec ses faiblesses, ses lâchetés, ses insatisfactions bien différentes de l’image donnée en pâture au public avide de rêver. 

« Greenville » de Régis Duqué

Lire : Régis Duqué, Greenville, Carnières, Lansman, 2015, coll? Théâtre à Vif, 38 p.