Cécile STROUK Paris
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Publié le 28 août 2014
Julie Pilod (ne pas prononcer le "d"), nous l'avons découverte dans la lecture de "Credoinunsolodio", une pièce du dramaturge italien Stefano Massini, sur trois femmes israélo-palestiniennes. Seule en scène, elle a proposé là une lecture tout en nuances, faite de ruptures de ton et de rythme, dans un élan inspiré et face à un public aspiré.

L'édition 2014 de la Mousson d'été a pour thématique la peur. Et la peur, comme émotion, ça commence par une inspiration… Alors on s'est demandé ce que ça vous inspirait, la peur ?

Je distinguerai la peur individuelle de la peur collective, qui sont deux choses différentes. A titre personnel, ma peur est liée à mon travail, à la représentation, aux doutes sur ce qu'on fait, surtout dans des exercices où tout se passe extrêmement vite. Puis, je ressens une peur plus générale sur le monde qui nous entoure. Sur la crise qu'on peut vivre en France, sur la précarisation de nos métiers d'artistes.

Les pièces à la Mousson sont lues plus que jouées, tout entières au service du texte. Qu'est-ce que vous lisez, vous, en ce moment ?

Eugène O'Neill, Long voyage du jour à la nuit. C'est une pièce géniale sur une femme droguée, d'une certaine manière bipolaire, dans le déni de ce qu'elle est en train de vivre.

La Mousson d'été, c'est la rencontre entre des artistes de la scène européenne voire internationale. Est-ce qu'il y a une façon de faire le théâtre en Europe qui vous séduit particulièrement ?

Je connais surtout le théâtre allemand avec Christoph Marthaler, Thomas Ostermeier et Frank Castorf. J'adore ce style, libre dans les adaptations, très engagé physiquement. Et, en ce sens, différent du théâtre français. Je suis également sensible au travail de Angélica Liddell et du chorégraphe québécois Dave Saint-Pierre.

Si vous étiez un personnage de théâtre contemporain, lequel seriez-vous ?

Je choisirais une femme de Henrik Ibsen. Je trouve ses figures féminines modernes dans leur prise de décision, dans ce qu'elles font de leur vie, dans ce qu'elles mettent à nu.

Où et quand peut-on vous retrouver prochainement ?

Je vais jouer dans une adaptation du Petit Eyolf de Ibsen, mise en scène par Julie Berès, en février au théâtre des Abbesses.

Julie Pilod, à La Mousson d'été